Wend Benedo, Burkina Faso, un projet sur le modèle de Saint Charles de Foucauld
RAPPORT DE VISITE DE SUIVI DU PROJET WEND BENEDO, BURKINA FASO, DÉCEMBRE 2025
FUNDACIÓN TIENDA ASILO DE SAN PEDRO, ESPAGNE
À la maison
Le 26 décembre, nous, les humanitaires Nacho ARSUAGA, Carlos LLANO et Aurelio SANZ, sommes arrivés à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Nous étions ravis de retrouver le sol burkinabé et avons été accueillis par Suzanne et son équipe. Nous étions là pour constater de visu le développement du projet Wend Benedo et partager avec la population la dure réalité d’un pays encore hanté par l’ombre du terrorisme. Dans ce contexte, nous nous sommes sentis pleinement libres et en sécurité, sans aucune crainte.
Par prudence, et sur les conseils de nos amis, nous n’avons pas pu nous rendre sur place (Kongoussi, Bam, Kaya…), mais nous avons eu plusieurs occasions de nous rencontrer, comme nous allons le voir.
Un témoignage de ce qui est petit, mais incroyablement précieux
L’après-midi du 26, nous avons rendu visite aux Petites Sœurs de Jésus. Nous les avions déjà rencontrées. Elles vivent la spiritualité de saint Charles de FOUCAULD au contact du peuple, par leur travail manuel et en aidant les prostituées qui souhaitent se réinsérer, le tout dans le cadre d’une paroisse. Apprendre des plus démunis continue de nous ouvrir des portes au Burkina Faso. Nous en avons profité pour leur acheter du savon artisanal.
Équipe, réalisations et défis du projet
Le 27, nous avons consacré la matinée à travailler avec l’équipe de Wend Benedo, une partie de l’équipe de Bam, et le conseil d’administration à Ouagadougou. Nous avons rencontré Suzanne, Yvette, Nestor, Edmond Norbert, Guillaume, Pascal et Wendnyolsdé. Nous nous sommes réunis dans une salle du centre d’accueil Lorette ND. Les réalités du projet ont été présentées : services médicaux et de santé, soutien psychosocial, accompagnement des nouveaux bénéficiaires, travail de terrain dans les villages, scolarisation des enfants et des adolescents et suivi de leur progression scolaire (ce qui implique le financement des écoles, des centres de formation et des internats, ainsi que la fourniture du matériel nécessaire), aide nutritionnelle et important effort d’assistance aux milliers de réfugiés déplacés par le terrorisme.
Parmi ces réfugiés se trouvent 52 bébés orphelins, nourris au lait artificiel, adoptés par des mères bénévoles du projet, toutes mères de plusieurs enfants. Nous sommes heureux de souligner qu’en 2025, AUCUN BÉBÉ N’EST DÉCÉDÉ. Les efforts de la Fondation pour trouver des ressources pour le développement de ces enfants sont plus que récompensés lorsque nous voyons des familles agrandir leur famille sans se soucier de leur propre bien-être et de leur sécurité. Nous espérons que le projet continuera de leur fournir les moyens de poursuivre leur scolarité. Il s’agit sans aucun doute d’un sérieux signal d’alarme pour nos modes de vie occidentaux à bien des égards…
L’équipe s’emploie à conclure des accords avec Save the Children et l’UNICEF afin d’assurer la prise en charge des enfants des populations déplacées. Par ailleurs, le partenariat avec Chrétiens pour le Sahel se poursuit en matière de soutien à l’éducation.
Malgré l’insécurité, le projet Wend Benedo poursuit son action et ses activités, relevant de nouveaux défis, comme l’avenir des deux terrains situés à Kongoussi et Sabce, destinés à la construction de centres de formation professionnelle.
Il est important de souligner l’attitude positive et l’esprit de « la présence » qui caractérisent toutes les orientations de Wend Benedo, inspirées par la pensée de saint Charles de FOUCAULD, et son ouverture à tous, sans distinction de religion.
Dîner de famille
L’après-midi et le soir du 27, nous avons eu le plaisir de retrouver les jeunes que nous connaissons depuis leur plus jeune âge à Wend Benedo, et qui ont maintenant une vingtaine d’années. Nous les avons invités à dîner et avons passé un agréable moment à évoquer des souvenirs, à regarder des photos, à parler de leur vie, de l’entrepreneuriat pour lequel ils ont été formés dans le cadre du projet, et de leurs joies et espoirs. Ils fondent désormais une famille. Ces retrouvailles nous ont procuré une grande satisfaction, témoins de leurs réussites. Carlos est en contact quasi quotidien avec eux et d’autres jeunes qui poursuivent leurs études, via les réseaux sociaux. Il joue un rôle de mentor et de source de motivation, même à distance.
Nos gens de Bam et Kongoussi
Le dimanche 28, au Centre Les Lauriets, près de la cathédrale de Ouagadougou, nous avons passé une journée mémorable avec les personnes venues de Bam et Kongoussi, à 140 km de là, dans un bus brinquebalant. Chants, présentations, partage de nos vies, célébration de l’Eucharistie, repas partagés, intérêt les uns pour les autres… Wend Benedo incarne un fort sentiment d’appartenance à une communauté de personnes qui progressent, accèdent à la santé et à la dignité, aident les autres à trouver un sens à leur vie et s’encouragent mutuellement à ne pas se laisser submerger par la peur. Nous avons surtout parlé de nos espoirs, individuellement, en famille et en tant que pays. Les échanges ont été très vivants et authentiques.
Marc, le petit garçon rencontré à Wend Benedo, est venu en moto de Ouahigouya (à 180 km au nord de Ouagadougou) pour être avec nous. Aujourd’hui, il est prêtre et mesure près de deux mètres. Il a présidé l’Eucharistie et nous a parlé avec beaucoup d’émotion. C’était un jour que tout le monde attendait, et nous nous sentions comme une famille, dans un pays où tout invite à se sentir comme en famille, et au cœur d’un projet où les relations humaines et l’importance “d’être avec” prévalent. Nous nous sommes dit au revoir en sachant que nous nous retrouverons en 2026, avec de nouvelles réalités et de nouveaux rêves. Nous savons que Suzanne et son équipe seront à la hauteur.
Yagma
L’après-midi du 28, nous avons rendu visite au cardinal Philippe OUÉDRAOGO, notre ami et cofondateur de Wend Benedo, à Yagma, à l’ouest de Ouagadougou. Chaque année, c’est une joie de le revoir et de parler de tout : le Burkina Faso, l’actualité internationale, les débuts du projet, les journées passées au monastère de Honda, sous le grand karité, en septembre 2004… Sa sagesse et son humilité continuent de nous inspirer.
Le matin du 29, nous avons repris la route du retour, rêvant déjà de revenir.
Intervenants : Carlos LLANO, économiste, Madrid, coordinateur de Sourire d’Enfance ; José Ignacio ARSUAGA, avocat, Madrid, responsable des Amis du Burkina Faso ; Aurelio SANZ, prêtre, Carthagène, vice-président de la Fondation Tienda Asilo de San Pedro et coordinateur de Wend Benedo en Occident.
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La fraternité Jesus Caritas à Rwanda
Après le diocèse de Nyundo, hier mardi le 13 janvier 2026 à 11 : 00, le diocèse de Gikongoro a accueilli un membre de la Fraternité sacerdotale Jésus Caritas du Rwanda, l’Abbé Abayisenga Valens. Ce dernier a donné une conférence sur la spiritualité de la fraternité sacerdotale Jésus Caritas. Tout s’est bien passé et nous remercions beaucoup son Excellence Mgr Hakizimana Célestin, évêque de Gikongoro, qui m’a accueilli et qui nous a donnés un bon témoignage sur cette spiritualité, puisque lui-même a été membre de la Fraternité sacerdotale Jésus Caritas du Rwanda avant 1994.
Les prêtres ont bien accueilli cette spiritualité et nous espérons commencer bientôt une nouvelle fraternité au Rwanda dans le diocèse de Gikongoro.
Par ailleurs, trois autres diocèses du Rwanda, c’est-à-dire le diocèse de Byumba, l’archidiocèse de Kigali ainsi que le diocèse de Kibungo ; leurs évêques nous ont promis de venir un jour parler de la spiritualité de la Fraternité Sacerdotale Jésus Caritas à leurs prêtres.
(Italiano) Piccoli Fratelli di Jesus Caritas, gennaio 2026
(Italiano) Diario Italiano. Dicembre 2025
Nouvelles depuis Nazareth, décembre 2025
Nazareth, le 13 décembre 2025
À chaque groupe de la
Famille internationale Charles de Foucauld
Chers frères et sœurs,
Nous sommes actuellement à Nazareth, moi, frère Gabriele, prieur des Petits Frères de Jésus Caritas, et Sœr Antonella, responsable générale des Disciples de l’Évangile.
Nous venons de terminer notre rencontre avec te patriarche latin Pierbattista Pizzaballa et l’évêque Rafic Nahra, auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem. C’était un moment riche en compréhension et gratitude. Le Cardinal a exprimé le fort désir que ce lieu continue à garder vivante la mémoire de Charles de Foucauld et son esprit de prière, d’accueil et de fraternité. Avec eux, nous avons officialisé le changement de présence en ce lieu où Charles de Foucauld a vécu de 1897 à 1900.
Après une longue période de discernement, particulièrement douloureuse, le moment est venu pour nous, les Petits Frères de Jésus Caritas, de quitter la fraternité de Nazareth, héritée des Petites Sœurs de Jésus en 1996, qui avaient elles-mêmes succédé aux Clarisses qui avaient accueilli et soutenu Charles de Foucauld dans son cheminement de discernement et de connaissance de Jésus et des Évangiles, en ce lieu.
Pour nous, Petits Frères de Jésus Caritas, ces années ont été une période merveilleuse d’intégration en Terre Sainte, avec toutes ses joies et ses peines. Il est vraiment difficile de la quitter. Il y a le cœur des frères qui se sont succédé ici, surtout celui d’Alvaro qui est maintenant malade et hospitalisé en Italie dans un centre de rééducation, et en particulier celui de Paolo qui est enterré dans [e cimetière de Ihôpital italien de Nazareth, celui de Giovanni Marco et Roberto à qui Con demande une coupure pas simple.
Le choix que nous avons fait est motivé par le désir de vivre pleinement l’appel à la vie communautaire et nous allons donc nous réunir à Sassovivo où nous sommes actuellement dans une situation de fragilité. Nous avons demandé aux Disciples de l’Évangile la disponibilité à prendre notre place à Nazareth car l’Église de Terre Sainte, et en particulier le patriarche Pierbattista Pizzaballa, souhaite que la présence de ta Famille de Charles de Foucauld se poursuive.
Aujourd’hui, enfin, nous avons rencontré le Patriarche et l’Evêque de Nazareth qui ont officialisé ce passage de relais ; nous souhaitons en informer la Famille foucauldienne.
La joie que nous, Disciples de l’Évangile, éprouvons à l’égard de cette décision, se veut être la joie évangélique, qui ne néglige pas la souffrance des Petits Frères de Jésus Caritas, qui ont mûri la décision de mettre fin à leur présence sur cette terre, aimée et servie avec un grand dévouement pendant trente ans. Nous souhaitons, en communion et en continuité avec les Petits Frères de Jésus Caritas, faire nôtres les joies et les souffrances des peuples qui vivent ici ; notre choix de vivre à Nazareth se veut précisément un motif d’espérance et de fraternité avec ceux qui vivent en Terre Sainte et visitent ces lieux.
En tant que Disciples de l’Évangile, nous n’avions pas l’intention d’ouvrir de nouvelles fraternités pour le moment. Nous avons toutefois accepté la proposition d’ouvrir à Nazareth parce que nous souhaitons préserver le « style de Nazareth » et nous renforcer en ce lieu en nous familiarisant avec l’Évangile, comme l’a fait Charles de Foucauld. Dans cet esprit, nous voulons partager la souffrance et l’espérance des habitants de la Terre Sainte, dont la vie est quotidiennement mise à l’épreuve en raison des incompréhensions entre les peuples. Ces raisons, parmi dautres, nous incitent à faire confiance à la providence de Dieu et à partager entre nous, soeurs, la conviction de marcher pour être de véritables Disciples et de véritables amoureuses de l’Évangile, à travers cette nouvelle ouverture.
Nous remercions dores et déjà les Petits Frères de Jésus Caritas qui nous accompagnent dans la transmission de cette expérience.
En tant que frères et sœurs de ces deux familles religieuses, nous comptons sur vos prieres, nous nous relayons à Nazareth en communion avec toute la famille spirituelle Charles de Foucauld, dans l’engagement d’apporter à ceux que nous rencontrons la richesse de l’Évangile selon l’esprit de frère Charles.
En communion fraternelle.







