Lettre d’Éric. Notre frère Mariano PUGA

Représenté

le 16 Mars 2020

Je disais : je ne verrai plus Yahvé sur la terre des vivants.
Je ne verrai plus personne parmi les habitants du monde.
Ma tente est arrachée, jetée loin de moi, comme la tente des bergers.
Comme un tisserand tu enroules ma vie pour en trancher la trame (Isaïe 38,11-12)

Il existe une bonne mort et nous sommes responsables de la façon dont nous mourons ;Nous devons choisir entre nous accrocher à la vie et ainsi notre mort devient un véritable échec et désastre ou bien laisser la vie libre de nous transformer en don pour les autres comme une source d’espérance. ( Henri NOUWEN ; La vie de l’Aimé )

Chers frères

profondément touché par son départ et très reconnaissant envers lui, je vous annonce le grand passage de notre frère aîné et icône vivante de notre fraternité : Mariano PUGA CONCHA de Santiago de Chile ; il est décédé le 14 mars 2020, âgé de 88 ans, frappé d’un cancer lymphatique.

Permettez-moi d’évoquer la grande amitié qui nous a liés ; notre première rencontre remonte à l’assemblée générale du Caire en 2000 ; avant son élection comme responsable général, sa présence dans le groupe était déjà un virus qui se répandait en joie et rires notamment quand il accompagnait les chants à l’accordéon ; nous ne savions pas que ces chants en espagnol venaient des quartiers populaires de Santiago ; lui, très jovial et fort, jamais déprimé ressemblait à un troubadour qui par son souffle et son cœur porte les rêves et les aspirations de son peuple ; Je restais impressionné par sa vivacité d’esprit et sa musique joyeuse.

Notre seconde rencontre eut lieu aux USA en 2002 ; lui visitait la fraternité et moi j’y faisais une année sabbatique. Notre frère maintenant décédé Howard Caulkins fit en sorte que je puisse me rendre avec Mariano à l’assemblée des frats au Minnesota ; Ainsi nous avons voyagé ensemble et rapidement nous nous sommes retrouvés sur la même longueur d’onde, dialoguant d’une façon profonde et personnelle. Je lui racontai comment j’étais en crise avec l’Eglise, avec mes démons personnels et avec Dieu ; jamais je ne m’étais senti autant écouté ; à la fin il m’a serré dans ses bras, tel un grand frère réconfortant un plus jeune, avec des larmes aux yeux, partageant ma douleur. Nous sommes quittés avec cette promesse de rester proches par la prière, moi dans l’abbaye où je me rendais et lui en route vers Tammanraset.

Ma dernière rencontre avec lui remonte à l’an passé dans l’île de Cébu aux Philippines pour l’assemblée générale des fraternités ; Voyager ainsi à 88 ans à l’autre bout du monde se révéla difficile et il en paya le prix ; il fut hospitalisé 2 fois et chaque fois je l’ai l’accompagné ; sa sagesse m’invitait à quitter mes prétentions et à accepter en profondeur un échange sur nos histoires personnelles ; et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés au coude à coude comme deux frères. Je suis resté auprès de lui pendant 5 heures aux urgences, puis dans la chambre mise à sa disposition ( et pourtant il avait insisté pour être dans la salle commune avec les pauvres) Je le quittai bien tard ce jour ; au moment de partir, avec un beau sourire il me murmura: «  l’assemblée est terminée ; je pourrais rentrer à la maison » Je suis reparti quelque peu remuémais surtout enrichi de cet émouvant dialogue, « cette révision de vie » que Mariano voulait placerau cœur de chaque rencontre de frères.

Permettez-moi de vous partager aussi quelques lignes écrites par Fernando TAPIA du Chili : « Mariano fut un passionné chercheur de Dieu et un amoureux de Jésus de Nazareth ; Etudiant, sa rencontre du Christ à travers les pauvres d’une décharge d’ordures changea sa vie pour toujours ; il a tout quitté et entra au grand séminaire ; c’est là qu’il découvrit Charles de Foucauld et devint son disciple jusqu’à la fin de sa vie ; il devint directeur spirituel et formateur au séminaire de Santiago; puis il se fit prêtre-ouvrier pour plus de 30 ans, partageant la vie des pauvres ; il a toujours vécu avec eux ; il fut leur pasteur, leur défenseur au temps de la dictature militaire de Pinochet, souffrant la prison 7 fois. Il s’engagea en faveur d’une Eglise liée à la situation et aux combats des pauvres ; infatigable il prêcha de nombreuses retraites au Chili et à l’extérieur ; c’était un homme de prière, joyeux, proche de tous croyants ou non, missionnaire dans les périphéries de la société chilienne, à la suite du Père de Foucauld ; l’évangile était son guide, cet évangile il voulait le crier par sa vie »

Mariano, frère et ami, un grand merci ; Merci pour ton témoignage fou d’un Dieu fou en Jésus de Nazareth ; je partage la reconnaissance et la peine des pauvres de Santiago ; tu les a touchés si fortement par ton témoignage ; Que Jésus, le bon pasteur,te reçoive pour toujours dans ta nouvelle demeure, celle qu’il a préparée pour ceux qui sont fidèles. Frères, je prie avec Mariano, pour que dans nos réunions et assemblées, nous continuions à prendre le risque de partager notre pauvreté et notre vulnérabilité ; c’est notre pauvreté qui nous unit, nous qualifie et nous rend libre en tant que frères c’est aussi le trampoline pour notre mission parmi les pauvres, comme nous le disions à Cébu.

Renouvelons notre engagement à suivre la vie missionnaire de Jésus avec les pauvres, à la suite de Frère Charles.

Eric LOZADA aux Philippines
( traduction de Jean-Louis RATTIER)

PDF: Lettre d’Éric. Notre frère Mariano PUGA, fr

Lettre du responsable général aux frères du monde entier, 1 janvier 2020

Représenté

«Un enfant nous est né et un Fils nous est donné…» (Isaïe 9, 5)

Frères bien-aimés,

Je suis vraiment désolé que cette lettre de Noël vous parvienne comme un message de nouvel an. C’est juste parce que dans notre diocèse, on me demande présentement d’accomplir quelques ministères sensibles si bien que je perds souvent mon équilibre. En combattant le mal et toutes ses ombres complexes qui détruisent les personnes, les relations et les institutions comme l’Église, j’ai lutté à plusieurs reprises pour me remettre entre les mains d’un Dieu aimant afin d’obtenir la lumière, la paix intérieure et l’amour. Mais parfois je me sens triste, en colère et impuissant. Et me voilà donc, par la grâce de Dieu, mieux vaut tard que jamais. Permettez-moi de vous embrasser avec des salutations chaleureuses de joie dans vos fraternités locales, diocésaines, nationales et continentales. Bien que beaucoup d’entre vous soient toujours sans visage pour moi, je continue de chuchoter chacun de vos noms devant le Bien-Aimé. (Grâce à notre annuaire mais il a besoin d’être mis à jour). L’année dernière, j’ai eu le privilège de rencontrer des frères d’Haïti, de la République dominicaine, du sud-est des États-Unis, de la Corée du Sud et du Myanmar. De façon particulière, la rencontre d’Haïti de l’Association de la Famille Spirituelle de Charles de Foucauld en avril dernier a à la fois ancré et élargi ma connaissance de la Spiritualité et de la Tradition. Merci, sœurs et frères pour l’accueil et l’hospitalité, les échanges fraternels et l’humble témoignage.

Je voudrais commencer par la première question que Yahvé posa à Adam dans la Genèse: où es-tu? Je pose cette question périodiquement juste pour vérifier à quel point je suis enraciné dans ma réalité. La réalité n’est pas vraiment la mienne mais la réalité de Dieu en moi et dans le monde et à quel point je suis libre ou forcé d’y répondre. Adam n’était pas libre, mais effrayé de sa nudité, se cachant de Dieu, coupable de son péché. À son insu, il a agi à partir d’une distorsion qui l’éloignait de Dieu et de sa vérité. D’Adam est sortie toute une humanité « fissurée ». Pourtant, le prophète Isaïe a prophétisé sur la venue du nouvel Adam: « un rameau sortira du tronc de Jesse, et un rejeton naîtra de ses racines : sur lui l’esprit du Seigneur repose…» (Isaïe 11, 1). Il y a une nouvelle humanité qui est née d’un arbre coupé de ses racines – une humanité qui n’est pas prise en otage par le mal mais « divinisée », restaurée à sa bonté originelle. La fissure est toujours là non plus comme un bloc, mais comme la seule ouverture pour que le flux de la grâce de Dieu y entre. Et ainsi, nous prions: « Ô Dieu… accorde-nous de pouvoir partager la divinité du Christ, qui s’est humilié pour partager notre humanité. » (Noël, Collecte).

Le pape François nous a permis de regarder à nouveau la crèche avec sa lettre apostolique, Admirabilis Signum. Le signe le plus admirable est qu’un humble enfant Dieu s’est remis aux mains d’une humanité brisée. Alors que la plupart de l’humanité n’était pas prête, les bergers, les animaux, la mangeoire étaient prêts. Ils représentent l’humanité qui reçoit Dieu dans sa plus humble pauvreté, sa fragilité, son imperfection, sa souillure et par cet acte radical de don de soi, nous devenons ce que nous recevons. C’est une pure initiative divine. La « mangeoire » de nos cœurs, endurcie et déchirée par le mal sous toutes ses formes, à la fois structurelle et personnelle, lorsqu’elle est tenue devant Dieu, devient un espace humble mais prophétique de rencontre, de dialogue, de guérison et d’hospitalité avec les multiples visages déguisés de l’Emmanuel aujourd’hui.

Permettez-moi de mettre en scène le frère Charles, sa vie sauvage, son comportement excessif, son énergie sans repos, ses lettres passionnées. Il a passé toute sa vie à essayer de s’enraciner dans le Mystère de l’Incarnation. « Seigneur, si tu existes, fais-moi te connaître.» C’était son cri pour une connaissance de Dieu par expérience. Il a lutté avec le Mystère. Et de la manière douce et patiente de Dieu, il le conduisit à une réponse libérée à l’amour pardonnant de Dieu. « Maintenant que je sais qu’il y a un Dieu, je ne peux que lui donner toute ma vie. » Un approfondissement dans le Mystère lui a fait dire ces mots : « Mon chemin, c’est toujours chercher l’endroit le plus bas, être aussi petit comme mon Maître, marcher avec lui pas à pas comme un disciple fidèle ». Ma vie consiste à vivre avec mon Dieu qui a vécu de cette façon toute sa vie et qui m’a donné un tel exemple dès sa naissance même. » Jésus n’a rien fait d’autre que de descendre et cela a marqué Frère Charles de façon permanente. La petitesse radicale de Dieu à l’Incarnation a porté fruits dans une vie qui s’est encore approfondie dans l’humilité radicale de Dieu à Nazareth. De Bethléem à Nazareth, deux mystères fondamentaux de Dieu sont révélés dans la vie de Jésus et lorsque nous comprenons cela, sur les traces du frère Charles, nos vies, notre façon d’accomplir la mission comme prêtres diocésains et de voir le monde est changée pour toujours.

Je voudrais vous inviter à prendre en compte devant le Mystère les réalités complexes de nos fraternités locales, nationales, régionales et internationales, de nos diocèses, de notre Église et de notre monde. Nous en avons déjà vu certains à Cebu, mais il est nécessaire de les voir avec de nouveaux yeux et de répondre avec un nouvel enthousiasme et un nouvel espoir. L’humble Dieu sans prétentions de Nazareth pourrait avoir de subtiles invitations pour nous dans ces réalités.

Lors de la rencontre d’une vingtaine de membres de l’Association en avril, nous avons appris qu’Haïti était un pays pauvre mais riche de foi. Nos Petits Frères et Petites Sœurs de l’Incarnation ont une présence très prophétique et concrète dans la vie des Haïtiens dans l’agriculture, l’éducation, les programmes de subsistance, les services sociaux. Pourtant, la corruption dans le système politique plonge le pays dans un sombre tunnel de pauvreté, d’incertitude et de troubles. (À l’heure actuelle, la situation empire encore). Les Pères Jonas Cenor et Charles Louis Jean, anciens petits frères de l’Incarnation ont commencé la fraternité avec 3 frères en 2015. Le P. Fernando Tapia les a visités et les a invités à la Réunion Panaméricaine en 2017. Avec des visites occasionnelles du Père Abraham Apolinario, ils continuent de chercher des possibilités de se rencontrer régulièrement. Le problème n’est pas seulement la distance, mais plus encore, le climat politique rend les voyages dangereux. Où Dieu nous invite-t-il?

Notre adhésion à l’Association est un cadeau. Je suis impressionné par la façon dont le Frère Charles a inspiré tant de charismes et d’œuvres missionnaires dans l’Église et d’autres continuent de voir le jour. Nous ne pouvons cependant pas ignorer les tensions que cette diversité apporte. Ces tensions peuvent toutefois être vivifiantes lorsqu’elles sont considérées dans l’agenda plus vaste du Royaume. Nous sommes tous invités à boire sans cesse au même Esprit afin que nous puissions tous marcher ensemble en harmonie. Cependant, l’Association demande un engagement plus actif de notre part en termes de correspondance et de participation aux rencontres. Je suis handicapé dans la langue française et j’ai donc demandé au P. Matthias Keil de nous représenter.

La fraternité de Saint-Domingue et de Santiago est très vivante mais vieillissante. La présence et le témoignage de vie de Rafael Felipe, membre pionnier et évêque à la retraite, sont comme un phare pour le clergé et les séminaristes du diocèse de Beni. Il présente la fraternité aux séminaristes et prêche quelques retraites de prêtres sur la Fraternité. Le P. Lorenzo, un prêtre très dynamique d’une petite paroisse vit dans une communauté semi-monastique de prêtres, sœurs et séminaristes. Le P. Angel Marcano pose toutefois une question qui cherche toujours des réponses: pourquoi après 30 ans, nous n’avons pas grandi? Où Dieu nous invite-t-il?

J’ai eu le privilège de participer au 40e anniversaire du Père Jerry Reagan à Toybee Island, en Géorgie aux États-Unis en mai. Son presbytère est une maison de fraternité où les prêtres peuvent venir passer la nuit. Chaque mois, il conduit pendant 2 heures à Augusta pour rencontrer les frères, dont le P. Peter Clarke qui a déjà 91 ans. Ils commencent avec l’adoration, vient ensuite la révision de vie et terminent par une agape. Leurs rencontres sont si régulières et intimes que lorsqu’un frère décide de partir, la fraternité s’en trouve affaiblie. Sans nouveau membre, la fraternité est encore plus vulnérable.

La fraternité en Corée du Sud est jeune et dynamique. Le Père Paul qui a vécu à Tamanrasset pendant un certain temps, a commencé la fraternité en 1994 avec le Père Philip Yoon et fut rejoint par des jeunes prêtres. Le christianisme en Corée est tout à fait unique car il repose sur le fondement du sang de milliers de martyrs qui sont pour la plupart des laïcs. Les frères contribuent de leur argent personnel pour construire une maison où ils pourraient se réunir pour la rencontre mensuelle. Tout comme beaucoup, ils ont du mal avec la journée du désert, la révision de vie et l’anglais.

Quand je vois les Pères Eugene et Matthew et comment ils vivent, je peux dire que la fraternité au Myanmar a un visage ascétique. La religion bouddhiste majoritaire est mise en exergue par la présence de pagodes partout et le port de pantoufles (pas de chaussures) rend la vie naturellement simple au Myanmar. J’ai cependant interrogé un prêtre non-JC au sujet de son opinion sur la fraternité, et sa réponse m’a dérangé: «Je ne peux pas être honnête avec ma réponse devant eux.» Quel est le visage dissimulé de la fraternité? Où Dieu nous invite-t-il? Les frères ont cependant du mal à trouver un temps régulier pour se rencontrer, pour une journée de désert et pour la révision de vie.

Le cardinal Benjamin Stella, préfet de la Congrégation pour le Clergé à Rome m’a écrit une lettre par l’intermédiaire du Père Aurelio exprimant sa profonde proximité avec nous. Il a souhaité que nous puissions « vivre à nouveau et avec joie notre mission selon les principes directeurs» du Saint-Père. Il a cependant précisé certains défis concrets : prendre au sérieux le mois de Nazareth; notre fidélité aux moyens de la croissance spirituelle ad intra est une condition nécessaire pour une mission authentique ad extra; notre sortie vers les périphéries doit être accompagnée de notre continuelle conversion pour porter des fruits. L’équipe internationale a obtenu un rendez-vous avec le cardinal à Rome en juillet de cette année.

Lors de notre rencontre d’équipe en octobre dernier, nous, vos frères de l’équipe internationale, avons discerné une voie majeure à emprunter. Nous voulons former une équipe de prêtres itinérants qui présenteront la Semaine de la Fraternité (sur le modèle du Brésil) aux séminaristes de 4e année de théologie, aux jeunes prêtres et la rendre même disponible comme retraite annuelle pour les prêtres. Nous devons écrire aux ordinaires locaux et nous commençons cette aventure en Asie.

Enfin, ma gratitude pour la perspicacité financière et le travail acharné de nos deux Matthias – P. Matthias Keil d’Autriche, notre trésorier général et le P. Matthias Fobbe d’Allemagne, notre consultant financier. Nous avons maintenant un nouveau compte bancaire sous 2 signataires – P. Matthias Keil et moi-même.

Voici le nouveau numéro de compte. Merci beaucoup pour vos contributions à la caisse internationale : Pax-Bank, Deutschland /Allemagne
Titulaire/Beneficary/Empfänger: Priestergemeinschaft Jesus Caritas international
IBAN: DE 8437 0601 9300 1176 8008
BIC/SWIFT: GENODED1PAX

En ce qui concerne les finances, l’équipe internationale a convenu que les frères qui ont besoin d’aide pour participer au mois ou aux réunions à l’étranger doivent d’abord être soutenus par les fraternités locales et nationales et ce n’est qu’à ce moment-là que le fonds international sera invité à aider après une consultation appropriée des responsables continentaux. Il s’agit de mettre fin à une sous-culture du droit et à l’utilisation de la fraternité comme passeport pour voyager à l’étranger.

Frères, Noël est le moment opportun pour nous d’accoucher. Nous avançons vers la nouvelle année en nous tournant pour regarder le Père qui nous a donné Jésus. Nous devons, nous aussi, donner naissance à la simplicité de vie, à la joie d’être, à l’humilité, à la compassion aimante envers les pauvres. Côte à côte, ensemble en tant que frères et amis, nous marchons par la foi et non par la vue dans notre continuelle configuration à la vie et au ministère de Jésus, inspirés par frère Charles et pour notre œuvre missionnaire vivifiante avec le peuple bien-aimé de Dieu.

Veuillez offrir, s’il vous plaît, une prière pour moi, votre inefficace frère responsable.
Avec mon étreinte fraternelle,

Eric Lozada

PDF: Lettre de Noêl du responsable général, 1 Janvier 2020, fr

Lettre d’Eric

Fête de la Visitation de Marie, 31 may 2019

LETTRE DU RESPONSABLE GÉNÉRAL AUX FRÈRES DU MONDE

« L’avocat, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26).

« Mais le consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14:26).

Mes chaleureuses salutations de paix à vous, mes chers frères,

En toute humilité, je confesse personnellement pourquoi il m’a fallu si longtemps pour vous écrire cette lettre. Plusieurs fois, je me suis assis devant mon ordinateur sans savoir quoi et comment écrire. C’était comme une femme enceinte sur le point d’accoucher, mais dont le bassin est trop étroit pour le nouveau-né. Je me suis battu avec les mots mais mon plus grand combat était le cœur, avoir l’esprit et la disposition appropriés d’un frère. Beaucoup d’entre vous ne sont pour moi que des noms sans visages et histoires que nous partageons pour qualifier notre fraternité. J’avais besoin de temps pour m’enraciner dans le Père qui m’a invité à quitter le confort de ma patrie et m’envoie comme un frère missionnaire. J’avais besoin des moments de nudité en prière devant Jésus dont l’esprit de Nazareth nous invite, vous et moi, à cette grande aventure de mouvement de descente, en vivant simplement mais avec joie, dans l’ordinaire et dans l’obscurité, trouvant la dernière place, consumé par l’évangile des plus grands comme des plus petits, voyant Jésus dans le pauvre, l’apostolat de la bonté, ne pas régner mais servir, être pauvre en esprit pour l’amour du Royaume. J’avais besoin d’espace pour être ravivé par la spiritualité, la vie et les intuitions de Frère Charles à travers les témoignages de frères et sœurs qui sont profondément ancrés dans la vie et la tradition de la Fraternité. La rencontre avec la famille spirituelle à Haïti en avril dernier, mes visites aux frères en Haïti, en République dominicaine et aux États-Unis et ma retraite dans un monastère de trappistes en Géorgie ont été d’une aide immense. (Ce sera l’objet de ma prochaine lettre). Jésus aussi avait besoin de cet espace dans mon cœur pour ma conversion, car même si je suis dans la fraternité depuis 30 ans et ai déjà vécu trois mois à Nazareth, il me reste encore des comportements malsains et immatures qui pourraient faire obstacle à ce ministère. Étant moi-même un projet inachevé, j’ai besoin de vos honnêtes commentaires et de vos conseils fraternels. S’il vous plaît, dites-les-moi et je les recevrai joyeusement comme un cadeau pour ma formation continue.

Comme vous le savez, avant que je sois élu responsable général, mon monde tournait autour de ma petite fraternité dans un petit village, sans télévision ni Internet, comme aumônier d’un petit monastère carmélite et directeur des études d’un petit collège séminaire, venant d’un petit diocèse aux Philippines. Mon univers était alors très petit, ma façon de vivre très rurale et l’idée d’écrire aux frères du monde entier est pour le moins écrasante. Je remercie l’Avocat de m’avoir permis d’écrire. Je prie pour que ces mêmes paroles ne l’empêchent pas de nous enseigner tout ce que Jésus veut nous faire connaître. Je vous remercie pour votre généreuse patience. Je suis très désolé pour ceux qui se sentent orphelins à cause de mon long silence. Dans mon silence, j’ai murmuré vos noms dans ma prière (grâce au répertoire), un jour à la fois.

Un autre regard sur l’Assemblée de Cebu et au-delà

Notre Assemblée de Cebu en janvier dernier fut en effet «une précieuse manifestation de l’Esprit de Pentecôte». Ma joie fraternelle et ma sincère gratitude à vous tous qui avez prié pour nous pendant que nous étions en Assemblée. À nos responsables continentaux et nationaux avec nos anciens responsables généraux, Mariano et Abraham, qui ont voyagé jusqu’à l’autre côté du monde simplement pour faire partie de l’assemblée, merci beaucoup. À l’équipe précédente – Aurelio, Jean François, Emmanuel, Mark et Mauricio – pour votre excellent travail de planification et votre labeur ardu avant et pendant l’assemblée, merci beaucoup. Nous ne pouvons que construire sur ce que vous avez généreusement réalisé. Merci en particulier à Aurelio pour l’héritage du  projet du site Web iesuscaritas.org et à Jose Alberto Hernandis qui est très disposé à gérer notre site Web. Ma joie et ma gratitude aux membres de mon équipe, avec Tony Llanes comme mon co-responsable général, qui sont très disposés à servir. Puisque nous sommes au service de la fraternité internationale, je vous prie de bien vouloir nous écrire vos préoccupations, vos nouvelles, vos invitations, vos réactions, vos récits. Je les ai personnellement choisis pour représenter les quatre continents de manière à faciliter l’accès aux nouvelles et aux informations. Voici nos coordonnées:

Eric Lozada, ericlozada@yahoo.com  – 63 9167939585;
Tony Llanes, stonyllanes@yahoo.com  – 63 9183908488;
Fernando Tapia, ftapia@iglesia.cl  – 56 988880397
Honoré Savadogo, sawono2002@yahoo.com  – 226 70717642
Matthias Keil, Matthias.keil@graz-seckau.at  – 43 67687426115.

Tout comme vous nous faites confiance, pouvons-nous aussi vous faire confiance pour nous aider à cet effet? Plus qu’une dynamique descendante, nous souhaitons davantage de dialogue, de transparence, de réciprocité, de retour d’information à nos différents niveaux de communication. Pour commencer, nous nous réunirons du 11 au 18 octobre en Corée du Sud et nous apprécierions tout de votre part que vous voudriez peut-être que nous prenions en compte et répondions : personnel, local, national, régional – Vous pouvez les transmettre à moi ou à votre représentant continental de l’équipe.

Frères, la lettre de Cebu n’est pas un document fini. C’est un travail en cours. Permettez-moi de vous inviter (et soyons unis pour cela) à en faire un sujet de relecture et de discussion personnelles et fraternelles. À Cebu, nous nous sommes engagés à être des prêtres diocésains missionnaires inspirés par le témoignage de Frère Charles. Nous avons contemplé les réalités de notre société, de notre Église et de nos fraternités à partir des différents continents et pays. Nous avons écouté l’appel de l’Esprit à devenir une Église dans les périphéries (grâce au leadership prophétique du Pape François). Et partant des appels que nous avons entendus, nous sommes fermement résolus à prendre des mesures concrètes et stratégiques pour le développement de notre société, de notre Église et de nos fraternités.

Dans votre relecture et votre discussion, je voudrais vous inviter à traiter le document comme un ami dont les paroles sont remplies de l’Esprit, transformatrices et prophétiques. La réalité de la violence, du terrorisme, de l’injustice, des trafics, d’une grave crise écologique, des migrations, d’une mondialisation de l’indifférence, du fondamentalisme, de la laïcisation (la liste est trop longue) est très complexe. Mais, presque immédiatement, nous avons tendance à observer cette réalité de l’extérieur. Cette attitude n’est pas très bénéfique. Nous devons être plus impliqués. Demandant à l’Esprit de nous donner du courage et de l’humilité, nous jetons un regard profond et aimant sur nos structures internes / sous-cultures – valeurs, mentalité, mode de vie, préjugés, attitudes, préférences, désirs – en tant que prêtres diocésains. Nous nommons les nombreuses manières subtiles par lesquelles nous avons pris part au problème. Nous partageons nos réalisations avec des frères de notre fraternité qui pourraient nous aider dans notre croissance. Peut-être que le plus beau cadeau que nous puissions offrir à notre monde d’aujourd’hui est de reconnaître que nous avons participé au problème. Espérons qu’avec des cœurs contrits et transformés, nous prendrons partie à la solution.

L’Esprit nous appelle à être une Église dans les périphéries. Demandons à l’Esprit le don du courage et de la confiance pour explorer ensemble les périphéries de notre âme – les parties de nous-mêmes rejetées, laides, méprisées, profondément enfouies, cachées, que nous devons exprimer, posséder, accepter, embrasser pour en guérir. Ici, nous avons besoin de l’intimité de notre fraternité pour pouvoir partager nos blessures les plus profondes sans être jugés. Au besoin, nous pouvons consulter un professionnel pour notre croissance continue et notre guérison. Ensuite, la prochaine fois que l’on va aux périphéries, on est différent. Nous sommes plus intérieurement des missionnaires libres et heureux. Ce qui est triste, c’est quand nous y allons avec nos blessures non soignées et ce qui n’est pas vrai de nous-mêmes. Nous sommes aveuges, nécessiteux, pleins de nous-mêmes et nous ne le savons même pas. Nous oublions l’agenda de Jésus et du Royaume. Comment un veugle peut-il conduire un autre aveugle? Je suis convaincu que le meilleur cadeau de mission que nous pouvons offrir au peuple de Dieu, particulièrement aux pauvres, est notre attention à notre tranformation permanente comme disicples missionnaires de Jésus.

Frères, à Cebu, nous avons vu comment tous nous luttons avec la journée de désert et la révision de vie. Nous devons considérer ce fait non pas comme une conclusion, mais comme un point de départ. La conclusion est assez évidente et nous devons être honnêtes à ce sujet. Cela signifie une qualité médiocre de nos réunions, de nos relations, de nos ministères et même de notre prière. C’est notre pauvreté et notre manque d’attention à l’essentiel. C’est aussi notre chemin vers la libération et l’intégrité si nous le voulons. Nous avons besoin d’une ferme détermination à nous engager dans un temps régulier et qualitatif de solitude dans le désert, où le divin thérapeute pourrait nous transformer et nous guérir. Notre révision de vie n’est pas un simple compte-rendu de nos vies et de nos ministères, aussi honnêtes que nous soyons. C’est plutôt un lieu de rencontre avec l’Esprit qui nous permet de voir nos vies comme Dieu nous voit. Notre partage fraternel est un véritable lieu de rencontre cœur à cœur. À travers la régularité de telles rencontres, nous grandissons ensemble comme frères-âmes – plus confiants, honnêtes, intimes, véridiques, moins critiques, prétentieux et défensifs, plus attentionnés et plus attachés à la croissance continue des uns des autres comme disciples bien-aimés de Jésus à Nazareth, inspirés par Frère Charles. Ce témoignage de fraternité est pour moi une bonne campagne vocationnelle.

Viens, Esprit Saint, viens

Permettez-moi de parler un peu de la prochaine fête de Pentecôte. Les Actes des Apôtres racontent : « Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Ac 2, 1-4).

Avec tout le respect que je dois à nos experts en Bible, en particulier Emmanuel Asi, je vous invite à méditer ce texte avec moi. Il semble que le lieu de prédilection du Saint-Esprit est le moment où les personnes se rencontrent intentionnellement en communauté d’amis, de frères (y compris des sœurs) de croyants du Christ ressuscité. Au fond et à la différence d’une foule, une communauté, est la ferme résolution de chacun de ses membres à travailler sans cesse pour ce qui unit plutôt que ce qui divise, conscients que tout est don et qu’il n’y a qu’un seul donateur. Bien que nous luttions avec les différences (et tenez-vous bien, c’est toujours difficile), nous continuons de marcher et de tomber dans la Source qui nous unit. Chaque fois que nous prions: «Viens, Esprit Saint et renouvèle la face de la terre », nous prions ce que Jésus, le grand prêtre, a rêvé pour le monde : « Père, que tous soient un, comme toi et moi nous sommes un » (Jn 17, 21). Le Saint-Esprit qui donne la vie (comme nous le professons dans le Credo), anime infiniment, rend capable, transforme et rassemble toute la création pour en faire une image vivante de l’unité dans la Trinité tout comme au commencement. La terre entière, pas seulement le monde humain, comme l’appelle affectueusement le pape François, devient notre maison commune où la vie sous toutes ses formes est vénérée comme un don et une chose sacrée. Quand Paul enseigne à la communauté de Philippes de  « tout mettre sous le Chris t» (2, 10), le Christ est le point de référence universel pour toutes choses et pas seulement pour les chrétiens. Être des hommes et des femmes de l’Esprit, c’est donc travailler toujours pour ce qui inclut plutôt que ce qui exclut, pour le dialogue, pour la fraternité universelle avec tout ce qui existe.

Le nom que Jésus donne à l’Esprit est l’Avocat. Jésus a promis l’avocat qui nous enseignera tout ce que nous devons savoir. En termes juridiques, l’avocat signifie un défenseur. L’Esprit est notre défense contre l’esprit du Malin opérant dans notre monde d’aujourd’hui, que ce soit dans les structures politiques et économiques, dans les relations interpersonnelles, familiales ou communautaires, même dans les sous-cultures à l’intérieur de  l’Église et de la religion. C’est très rusé et trompeur, toujours déguisé en bien et même en licence pour faire le mal au nom de Dieu. Le texte nous dit que la venue de l’Esprit Invisible prend la forme visible de langues de feu reposant sur la tête de chacun des apôtres rassemblés. Nous prions pour que ce feu repose sur chacun de nous « pour transformer nos cœurs de pierre en cœurs de chair » et nous rendre davantage capables de discerner très bien où se trouve le mal par rapport au bien. Puisse le feu de la Vérité raviver nos cœurs avec une passion pour Jésus et le Royaume. L’autre image visible de l’Esprit Saint est un vent fort qui remplit toute la place des personnes rassemblées. Nous prions pour que ce vent fort renverse et transforme les cœurs et les institutions endurcis par l’indifférence, la violence, la haine, le ressentiment, l’exclusion qui ne fait que diviser la création de Dieu. Que l’Esprit qui est un vent fort élargisse les espaces de chaque cœur humain pour inclure les pauvres, les marginalisés et les étrangers dans la famille des enfants bien-aimés de Dieu. Puissent nos fraternités être des écoles de l’Esprit pour qu’inspirés par le frère Charles, nous devenions des disciples passionnés mais doux de Jésus à Nazareth dans notre monde fragmenté et violent.

Frère Charles, le Frère Universel

Enfin, une note sur Frère Charles. Au début de cette année, la petite sœur Kathleen de Jésus a publié un livre du même titre. Il contient les thèmes principaux et j’aime la façon dont il est écrit. Merci beaucoup, Kathleen. Comme vous le savez déjà, le Frère Charles – sa vie, son message, ses intuitions – devrait occuper une place importante dans notre formation permanente de prêtres diocésains. C’est ce qui nous caractérise. Plus nous le connaissons, plus nous connaissons Jésus, son Bien-aimé. Frère Charles n’est pas seulement une icône à vénérer. Il est un appel vivant, une personne tangible dans notre profond désir de suivre Jésus.

À propos de l’appel à être frère universel, le petit frère Antoine Chatelard soulignait : «Il s’agit avant tout d’être un frère, avant de penser à être universel ». Comme le dit sœur Kathleen, dans la vie de frère Charles, l’intuition d’être un frère universel s’est d’abord manifesté en octobre 1901 lorsque le frère Charles s’est installé à Béni Abbes. Grâce à la générosité de sa cousine Marie, il a pu acheter un lopin de terre stratégiquement situé à mi-chemin entre les villages fortifiés et la garnison française. Il construisit, avec l’aide de l’armée française, un petit monastère entouré de lignes de grosses pierres. Et c’est la clé. « Lui-même irait rarement au-delà, mais n’importe qui pouvait entrer. Il souhaitait être un frère universel dans un contexte de conflit impliquant de nombreuses parties adverses » (P.16).

Ce fut un moment de clairvoyance! L’appel à être frère universel est avant tout l’appel à être un frère. Chez Frère Charles, être frère, c’est se situer entre les deux (pas noir ou blanc mais gris) au milieu (pas la même chose que d’être au centre) de nombreuses parties adverses. Un frère est immergé, enraciné, au beau milieu de la réalité avec tous ses paradoxes, ses tensions et ses points de croisement complexes et il ne quitte jamais sa position. S’il s’en va et s’éloigne du milieu, il devient particulier. Quand il embrasse l’un, il exclut l’autre. Il n’est pas un gardien de clôture qui n’a pas de position concrète sur des questions sociales, politiques, économiques, culturelles ou même ecclésiales. Au contraire, il est enraciné sur ce qui se passe et il se tient au milieu de tout. Lorsqu’il opte pour les pauvres et les marginalisés, il inclut les riches. Justement, ce n’est qu’en étant au milieu des choses qu’il peut embrasser toutes choses en tant que frère universel. Et c’est seulement à ce moment que, grâce à cette croissante clairvoyance, frère Charles a commencé à appeler sa maison non pas un ermitage (vivre selon une règle de vie monastique cloîtrée), mais une fraternité où toute personne pouvait venir et était bien reçu. Au plafond de sa fraternité il a peint l’image du Sacré-Cœur de Jésus dont les bras sont largement ouverts à quiconque y vient. Son ardente proximité avec le Cœur Sacré de Jésus le conduit à imiter Jésus Caritas, le Frère Universel par excellence dont il n’est qu’un humble témoin qui montre Jésus.

Frères, merci beaucoup pour avoir lu ma longue lettre avec une patience généreuse. Je continue de vous garder, vos fraternités et vos diocèses dans ma prière, un pays à la fois. S’il vous plaît priez pour moi aussi votre petit frère serviteur.

Avec mon étreinte fraternelle en Jésus Caritas,

Eric Lozada

 

 

PDF: Lettre d’Eric, mai 2019, français

MESSAGE DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS: La bonne politique est au service de la paix

POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
LIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
1er JANVIER 2019

1. ‘‘Paix à cette maison !’’

En envoyant ses disciples en mission, Jésus leur dit : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘‘Paix à cette maison’’. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra vers vous » (Lc 10, 5-6).

Offrir la paix est au cœur de la mission des disciples du Christ. Et cette offre est adressée à tous ceux qui, hommes et femmes, aspirent à la paix au milieu des drames et des violences de l’histoire humaine[1]. La ‘‘maison’’ dont parle Jésus, c’est chaque famille, chaque communauté, chaque pays, chaque continent, dans sa particularité et dans son histoire ; c’est avant tout chaque personne, sans distinctions ni discriminations. C’est aussi notre ‘‘maison commune’’ : la planète où Dieu nous a mis pour y vivre et dont nous sommes appelés à prendre soin avec sollicitude.

C’est donc également mon vœu au début de l’année nouvelle : ‘‘Paix à cette maison !’’.

2.  Le défi de la bonne politique

La paix est comme l’espérance dont parle le poète Charles Péguy [2]; elle est comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres de la violence. Nous le savons : la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices. La politique est un moyen fondamental pour promouvoir la citoyenneté et les projets de l’homme, mais quand elle n’est pas vécue comme un service à la collectivité humaine par ceux qui l’exercent, elle peut devenir un instrument d’oppression, de marginalisation, voire de destruction.

« Si quelqu’un veut être le premier, dit Jésus, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Comme le soulignait saint Paul VI : « Prendre au sérieux la politique à ses divers niveaux – local, régional et mondial –, c’est affirmer le devoir de l’homme, de tout homme, de reconnître la réalité concrète et la valeur de la liberté de choix qui lui est offerte pour chercher à réaliser ensemble le bien de la cité, de la nation, de l’humanité »[3].

En effet, la fonction et la responsabilité politique constituent un défi permanent pour tous ceux qui reçoivent le mandat de servir leur pays, de protéger les habitants et de travailler pour asseoir les conditions d’un avenir digne et juste. Accomplie dans le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, la politique peut devenir vraiment une forme éminente de charité.

3. Charité et vertus humaines pour une politique au service des droits humains et de la paix.

Le Pape Benoît XVI rappelait que « tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la pólis. […] L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique […] Quand elle est inspirée et animée par la charité, l’action de l’homme contribue à l’édification de cette cité de Dieu universelle vers laquelle avance l’histoire de la famille humaine »[4]. C’est un programme dans lequel peuvent se retrouver tous les politiciens, de n’importe quelle appartenance culturelle ou religieuse, qui souhaitent œuvrer ensemble pour le bien de la famille humaine, en pratiquant ces vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique : la justice, l’équité, le respect réciproque, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité.

À ce sujet, méritent d’être rappelées les ‘‘béatitudes du politique’’, proposées par le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, mort en 2002, qui a été un témoin fidèle de l’Évangile :

Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle.
Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité.
Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt.
Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent.
Heureux le politicien qui réalise l’unité.
Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical.
Heureux le politicien qui sait écouter.
Heureux le politicien qui n’a pas peur.[5]

Chaque renouvellement des fonctions électives, chaque échéance électorale, chaque étape de la vie publique constitue une occasion pour retourner à la source et aux repères qui inspirent la justice et le droit. Nous en sommes certains : la bonne politique est au service de la paix ; elle respecte et promeut les droits humains fondamentaux, qui sont aussi des devoirs réciproques, afin qu’entre les générations présentes et celles à venir se tisse un lien de confiance et de reconnaissance.

4. Les vices de la politique

À côté des vertus, malheureusement, ne manquent pas non plus dans la politique les vices, dus soit à une inaptitude personnelle soit à des déformations dans l’entourage et dans les institutions. Il est clair pour tous que les vices de la vie politique ôtent de la crédibilité aux systèmes dans lesquels elle s’exerce, ainsi qu’à l’autorité, aux décisions et à l’action des personnes qui s’y consacrent. Ces vices, qui affaiblissent l’idéal d’une authentique démocratie, sont la honte de la vie publique et mettent en danger la paix sociale : la corruption – sous ses multiples formes d’appropriation indue des biens publics ou d’instrumentalisation des personnes –, la négation du droit, le non-respect des règles communautaires, l’enrichissement illégal, la justification du pouvoir par la force ou par le prétexte arbitraire de la ‘‘raison d’État’’, la tendance à s’accrocher au pouvoir, la xénophobie et le racisme, le refus de prendre soin de la Terre, l’exploitation illimitée des ressources naturelles en raison du profit immédiat, le mépris de ceux qui ont été contraints à l’exil.

5. La bonne politique promeut la participation des jeunes et la confiance dans l’autre

Quand l’exercice du pouvoir politique vise uniquement à sauvegarder les intérêts de certains individus privilégiés, l’avenir est compromis et les jeunes peuvent être tentés par la méfiance, parce que condamnés à rester en marge de la société, sans possibilité de participer à un projet pour l’avenir. Quand, au contraire, la politique se traduit, concrètement, dans l’encouragement des jeunes talents et des vocations qui demandent à se réaliser, la paix se diffuse dans les consciences et sur les visages. Elle devient une confiance dynamique, qui veut dire ‘‘j’ai confiance en toi et je crois en toi’’, dans la possibilité de travailler ensemble pour le bien commun. La politique est pour la paix si elle se manifeste donc, dans la reconnaissance des charismes et des capacités de chaque personne. « Quoi de plus beau qu’une main tendue ? Elle a été voulue par Dieu pour offrir et recevoir. Dieu n’a pas voulu qu’elle tue (cf. Gn 4, 1sv) ou qu’elle fasse souffrir, mais qu’elle soigne et qu’elle aide à vivre. À côté du cœur et de l’intelligence, la main peut devenir, elle aussi, un instrument du dialogue »[6].

Chacun peut apporter sa pierre à la construction de la maison commune. La vie politique authentique, qui se fonde sur le droit et sur un dialogue loyal entre les personnes, se renouvelle avec la conviction que chaque femme, chaque homme et chaque génération portent en eux une promesse qui peut libérer de nouvelles énergies relationnelles, intellectuelles, culturelles et spirituelles. Une telle confiance n’est jamais facile à vivre, car les relations humaines sont complexes. En particulier, nous vivons ces temps-ci dans un climat de méfiance qui s’enracine dans la peur de l’autre ou de l’étranger, dans l’angoisse de perdre ses propres avantages, et qui se manifeste malheureusement aussi, au niveau politique, par des attitudes de fermeture ou des nationalismes qui remettent en cause cette fraternité dont notre monde globalisé a tant besoin. Aujourd’hui plus que jamais, nos sociétés ont besoin d’‘‘artisans de paix’’ qui puissent être des messagers et des témoins authentiques du Dieu Père, qui veut le bien et le bonheur de la famille humaine.

6. Non à la guerre et à la stratégie de la peur

Cent ans après la fin de la Première Guerre Mondiale, alors que nous nous souvenons des jeunes tombés durant ces combats et des populations civiles lacérées, aujourd’hui plus qu’hier nous connaissons la terrible leçon des guerres fratricides, à savoir que la paix ne peut jamais être réduite au seul équilibre des forces et de la peur. Maintenir l’autre sous la menace veut dire le réduire à l’état d’objet et en nier la dignité. C’est pourquoi nous réaffirmons que l’escalade en termes d’intimidation et la prolifération incontrôlée des armes sont contraires à la morale ainsi qu’à la recherche d’une vraie concorde. La terreur exercée sur les personnes les plus vulnérables contribue à l’exil d’entières populations en quête d’une terre de paix. Les discours politiques qui tendent à accuser les migrants de tous les maux et à priver les pauvres de l’espérance ne sont pas justifiables. Au contraire, il faut réaffirmer que la paix se fonde sur le respect de chaque personne, quelle que soit son histoire, sur le respect du droit et du bien commun, de la création qui nous a été confiée et de la richesse morale transmise par les générations passées.

Notre pensée va aussi, à titre particulier, aux enfants qui vivent dans les zones actuelles de conflit, et à tous ceux qui s’engagent afin que leurs vies et leurs droits soient protégés. Dans le monde, un enfant sur six est touché par la violence de la guerre ou par ses conséquences, quand il n’est pas enrôlé pour devenir lui-même soldat ou otage de groupes armés. Le témoignage de ceux qui œuvrent pour défendre la dignité et le respect des enfants n’en est que plus précieux pour l’avenir de l’humanité.

7. Un grand projet de paix

Nous célébrons ces jours-ci le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, adoptée au lendemain du deuxième conflit mondial. Souvenons-nous, à ce propos, de l’observation de saint Jean XXIII : « Maintenant, à mesure que l’homme devient conscient de ses droits, germe comme nécessairement en lui la conscience d’obligations correspondantes : ses propres droits, c’est avant tout comme autant d’expressions de sa dignité qu’il devra les faire valoir, et à tous les autres incombera l’obligation de reconnaître ces droits et de les respecter »[7].

La paix, en effet, est le fruit d’un grand projet politique qui se fonde sur la responsabilité réciproque et sur l’interdépendance des êtres humains. Mais elle est aussi un défi qui demande à être accueilli jour après jour. La paix est une conversion du cœur et de l’âme ; et il est facile de reconnaître trois dimensions indissociables de cette paix intérieure et communautaire :

– la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;
– la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;
– la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir.

La politique de la paix, qui connaît bien les fragilités humaines et les assume, peut toujours se ressourcer dans l’esprit du Magnificat que Marie, Mère du Christ Sauveur et Reine de la Paix, chante au nom de tous les hommes : « Sa miséricorde s’étend d’en âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles […] ; il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais » (Lc 1, 50-55).

Du Vatican, le 8 décembre 2018

François


[1] Cf. Lc 2, 14 : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ».
[2] Cf. Le Porche du mystère de la deuxième vertu, Paris 1986.
[3] Lett. ap. Octogesima adveniens (14 mai 1971), n. 46.
[4] Enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 7.
[5] Cf. Discours à l’exposition-colloque ‘‘Civitas’’ de Padoue, ‘’30 giorni’’, n. 5 de 2002.
[6] Benoît XVI, Discours aux Autorités du Bénin, 19 novembre 2011.
[7] Enc. Pacem in terris (11 avril 1963), n. 44.

© Copyright – Libreria Editrice Vaticana


PDF: PF 1_1_2019 fr

Lettre d’Avent 2018, frère responsable

Chers frères,

en ce jour de la fête de notre frère Charles nous commençons l’Avent : ces quatre semaines sont un reflet de l’espérance de tous les hommes ; notre humanité , dans une crise permanente et principalement humanitaire, nous fait souffrir et notre Église ne peut dissimuler cette question, ni rester indifférente. Les célébrations avec nos communautés, la prière personnelle, la vie en fraternité en proximité avec ceux qui nous entourent ou avec ceux qui sont loin, tout cela va rythmer notre marche ; l’Avent nous invite à écouter « la voix qui crie dans le désert », celle de ceux qui clament pour leur survie, leurs désirs de paix, de travail et de liberté ; l’humanité continue d’espérer une libération . Les pauvres qui attendent un salut, ceux qui sont menacés par la guerre, les déplacés cherchant un refuge …. ils sont des millions de personnes dans cette situation. Pour eux aussi Jésus vient et nous comme missionnaires nous devons l’annoncer.

L’Église vit un moment difficile avec la crise provoquée par la dénonciation des abus envers les mineurs, et le Pape François y fait front avec humilité et courage face à tous ; ceci est un témoignage d’une recherche de la vérité et le Pape aussi est témoin de la vérité.

Nous sommes en train de préparer notre assemblée mondiale de 2019. Nous sommes appelés à réfléchir sur notre identité de prêtres diocésains missionnaires à la lumière du charisme de Frère Charles. Il est nécessaire pour nous tous d’aider les responsables régionaux, de prier pour tous les frères, pour les fraternités qui commencent et pour celles qui vieillissent.

UNE HUMANITÉ EN CRISE

Tous les jours nous recevons de mauvaises nouvelles d’hommes, de femmes, d’enfants, de jeunes et d’ainés qui souffrent pour des causes qui ne sont pas toujours claires. Nous savons qu’elles dépendent souvent d’intérêts cachés de puissances économiques et de gouvernements qui dissimulent ces réalités. Même les pays du premier monde. Les victimes des guerres, de la violence, du narcotrafic, du sexisme et de la pauvreté crient dans ce désert où d’autres voix demandent justice. Voix qui se mélangent parfois à celles qui demandent vengeance, ou qui disent : « ils ne passeront pas, qu’ils retournent dans leur pays. » Nous aussi nous avons une voix , la voix de Jésus annoncée par les prophètes. Une voix qui doit naître de notre foi, de notre vocation missionnaire, dans le style de Nazareth qui est : être avec les gens de notre ville ou village, avec les plus humbles d’entre eux, car seuls les pauvres nous apprennent à être humble. Le frère Charles découvrit Jésus au milieu des gens simples : imitons le.

UN AVENT QUI NOUS INVITE À ÊTRE RÉCEPTIFS

Ce temps de l’avent est une invitation à écouter, à prendre du temps et dans une attitude comtemplative à être à l’écoute de la Parole, à adorer Dieu dans le silence et à écouter les frères : ceux de la fraternité, les prêtres diocésains que parfois nous avons tant de mal à écouter et à accepter, tant les préjugés tuent le dialogue et la rencontre ; écouter aussi les gens qui viennent à nous ou bien ceux qui travaillent avec nous dans la pastorale, dans le social, ou qui simplement sont nos voisins. Ouvrons la porte accueillons-les sans nous contenter de bons conseils ou de paroles faciles. Montrer notre pauvreté, notre incapacité à arranger « les machines cassées », les cœurs blessés, c’est laisser Dieu agir. Il est le seul indispensable, oui, il guérit. Jésus est attentif à tous et il nous invite à ouvrir notre cœur et à nous laisser innonder par l ‘amour de Dieu et l’amour des gens. Nous retrouverons la joie de suivre Jésus et aiderons beaucoup de gens à transformer leur échec en triomphe et à s’aimer eux mêmes un peu plus.

UNE ÉGLISE QUI SOUFFRE

Nous souffrons des consèquences des abus envers des mineurs dissimulés dans beaucoup de diocèses du monde. L’Église perd en crédibilité….Nous pourrions dire que cela à toujours été ainsi, que cela est inévitable…Mais nous ne serions pas fidèles à la vérité. Cette crise est loin d’être terminée. Notre Pape François souffre beaucoup et affronte la situation en demandant pardon au nom des coupables, écoutant, cherchant une solution équitable pour les victimes ;en cela notre Pape mérite tout notre appui. Restons en communion avec lui, sachant qu’il a des ennemis dans sa propre Église, mais aussi le soutien de beaucoup de gens (croyants ou non) qui voient en lui un prophète de notre temps, un homme cohérent qui bien que « chef d’état » est un homme sensible aux souffrances de l’humanité. Je suis sûr que de cette crise, résultera quelque chose de bon. Par notre prière entrons en fraternité avec lui.

LE 1er DÉCEMBRE

Il y a 102 ans Charles de FOUCAULD s’est remis définitivement dans les mains du Père. C’est un jour pour remercier Dieu pour lui, pour ce qu’il nous a transmis comme intuitions, pour la mission qu’il a réalisée, pour ses rêves un peu fous ; Le frère Charles nous a aidés dans notre vocation et notre spiritualité, à vivre l’amitié avec Jésus et avec les gens dans le petit Nazareth que chacun vit, avec son âge et envie de vivre, dans le silence et dans le témoignage. C’est un cadeau de Dieu qui mérite continuellement notre action de grâce. Mettons dans notre adoration de ce jour tout ce que nous a légué le frère Charles , pas tant par ses écrits spirituels que par son témoignage de vie, d’amour, d’abandon, de confiance et de générosité. Redisons la prière d’abandon même si nous avons du mal à la faire totalement nôtre.

NOTRE ASSEMBLÉE MONDIALE

Du 15 au 30 janvier 2019 aura lieu notre assemblée à Cébu aux Philippines. Le thème central est d’approfondir notre être de prêtre diocésain missionnaire à la lumière du charisme de frère Charles ; Tout ce qui concerne l’assemblée est mentionné sur le site : iesuscaritas.org

A la barre verte de la page d’accueil on trouve le questionnaire de préparation, le programme de l’assemblée, la feuille d’inscription… Pour l’instant nous avons reçu peu d’inscription et seulement un continent (Amérique) a présenté les réponses au questionnaire, ainsi que certaines fraternités régionales. Dès maintenant assumons ce travail. Courage ! Je sais que beaucoup sont très occupés, mais faisons un effort. Avec joie je reçois vos envois.

A l’assemblée viendront tous les responsables régionaux ou délégués, les anciens responsables internationaux et les responsables continentaux. Certains frères ont du mal à payer leur voyage ; la fraternité mondiale s’en charge dans la mesure du possible, mais pour l’instant c’est difficile de répondre à tous ces besoins. Certaines fraternités d’Europe et d’Amérique ont répondu en payant le billet d’un frère d’Afrique ou d’Amérique…Merci. Je vous demande d’aider les frères de Haïti, Burkina Faso, Centrafrique, Tchad, Congo, Cameroun, Madagascar, Pakistan, Inde et Bengladesh qui n’ont pas encore leur billet d’avion. C’est un effort important pour le succés de notre assemblée. Nous élirons notre prochain responsable international et son équipe qui, je suis sûr, nous aiderons à faire fraternité à partir de nos réalités et de nos rêves.

EN MARCHE VERS NÖEL

Nous chercherons à donner la meilleure place de notre vie à celui qui arrive pour rester. Les anges ont annoncé aux bergers la bonne nouvelle et nous annoncent beaucoup de joies. Il y a des anges qui nous appelent à la porte ou par téléphone ou dans la rue et qui nous disent parfois sans le savoir, que Dieu est proche de nous. Il y a des visages qui nous font voir Jésus à l’hôpital, en prison, dans les lieux d’accueil de réfugiés. Anges dans la personne des malades ou des anciens qui ont beaucoup donné pour l’Église, pour la fraternité, pour les pauvres. Visages de personnes anonymes qui font le bien sans rien attendre en retour. Les anges, des gens simples dans nos paroisses, qui nous aident dans la pastorale ou par leur présence dans nos célébrations, ou qui nous offre le meilleur d’eux-mêmes par leur proximité et amitié. Ce sont des anges sans ailes, dont la voix résonne.

Avec cette espérance d’un monde meilleur, d’une Église libérée des tristesses du passé, d’une fraternité de frères au service du royaume, d’un monde renouvelé par des efforts de paix et d’égalité, je vous souhaite un Noël rempli de Dieu et de Jésus, notre frère et ami. Un grand abrazo.

Aurelio SANZ BAEZA, frère responsable

Perín, Carthagène, Murcia, Espagne, 1 décembre 2018,
fête du bienheureux Charles de FOUCAULD

(Merci bien, Jean-Louis RATTIER, par la traduction au français)

PDF: Lettre d’Avent 2018, frère responsable, fr

Lettre aux amis de Québec. Jean-Pierre LANGLOIS

Je conclus pratiquement ce soir un beau marathon. J’ai eu le bonheur d’accompagner 2  groupes de visiteurs-amis du Québec depuis le début septembre jusqu’à maintenant. Je n’ai pas vu le temps passer.

L’expérience nous aura tous enrichis, c’est certain. J’ai découvert à travers les yeux curieux et souvent émerveillés de mes compagnons de voyage ce pays de l’Algérie dans lequel je vis mon ministère depuis déjà 2 ans. Bien sûr, il y avait Tamanrasset où j’habite et l’Assekrem, ce chaos minéral d’une grande splendeur, encore plus spectaculaire parce qu’il s’est montré fleuri cette fois-ci, mais aussi Alger la blanche capitale et pour certains Oran où se vivra la béatification des 19 martyrs assassinés dans les années ‘90 sur place.

Lire tout le document (PDF) : 29. Lettre ouverte à mes amis du Québec.18