Lettre de Noël aux frères de la Fraternité Jesus Caritas

Lettre de Noël de Éric LOSADA, responsable international de la Fraternité Sacerdotal Jésus Caritas

 

Jour de la visitation de Marie à Élisabeth
Lettre de Noël aux frères du monde entier

« C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : la vierge concevra et enfantera un fils et on l’appellera Emmanuel » (Isaïe 7, 14).

« Il n’est pas nécessaire d’enseigner aux autres, de les guérir ou de les améliorer ; Il suffit de vivre parmi eux, de partager la condition humaine et de leur être présent dans l’amour. (une citation de frère Charles)

Chers frères, je vous salue tous avec une grande joie et une paix pleine d’espérance de la part de l’Emmanuel !!!

Comment ça va chez vous ? Quelles réalités et préoccupations avez-vous ces jours-ci? Faites-vous rayonner le message de Noël aux gens qui sont autour de vous – vos confrères-prêtres, votre évêque, ceux qui sont en marge de la paroisse, vos voisins immédiats ? Prenez-vous soin de votre santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle pendant que vous accomplissez les multiples tâches de votre ministère ? Quels espaces créez-vous en communauté avec les autres pour que l’Emmanuel entre dans votre vie ? À quelles invitations de l’Esprit répondez-vous pour cheminer ensemble en tant que communauté synodale ? Et comment la vie et le charisme de notre cher frère Charles font-ils une différence dans la façon dont vous vivez votre appel et dans la qualité de votre réponse à ces invitations ? Ce sont de grandes questions que je souhaite examiner avec vous. Faisons en sorte que notre vie dans la fraternité et notre travail missionnaire soient approfondis par ces questions que nous nous posons.

Quelle joie de vous écrire en cette période de Noël. Plus qu’une simple tradition dans la Fraternité, je vous écris avec le cœur d’un frère qui aspire à être en communion avec vous et qui a une grande admiration pour toute votre créativité, votre fidélité, votre travail acharné et votre passion pour Jésus et l’Evangile sur les traces de frère Charles. Je tiens en mémoire vos histoires et vos visages – ceux que j’ai rencontrés en personne et ceux d’entre vous dont j’ai entendu dire qu’ils vivent Nazareth dans les périphéries. (En écrivant cette lettre, on m’a parlé du décès de 2 frères aînés, Alvaro Gonzalez du Chili et Antonino des fraternités de Madrid. Alors que nous pleurons leurs pertes, nous nous réjouissons également de 2 de nos frères qui reviennent au Père en tant que disciples fidèles de Jésus. Puissent-ils maintenant jouir de la paix éternelle).

Noël est un « moment Kairos », le moment le plus approprié pour porter un long et affectueux regard avec une vision renouvelée sur toute la création à différents niveaux et formes – la communauté humaine, l’écologie naturelle, la politique, l’économie, la culture, la religion, les relations sociales mixtes – à la lumière du plan d’amour du Créateur. Par le mystère du Dieu incarné, toute la création, y compris l’écologie naturelle, est radicalement transformée en lieu de rencontre avec Dieu. Toutes choses qui étaient autrefois des opposés radicaux aux yeux du monde sont maintenant comblées et restaurées à leur cadre d’origine dans le grand dessein de Dieu. Tout est maintenant en Dieu. Tout appartient à Dieu. C’est un univers inclusif après tout.

Mais le monde ne semble pas être prêt pour ce Dieu. Il se maintient dans un monde où Dieu est écarté et où l’humanité crée une idole du moi égoïque avec des points de vue, des hypothèses et des idéologies égoïstes, autoréférentiels et délirants. Cela a été mis en évidence pendant la pandémie. La façon dont nous nous considérons par rapport à l’Autre, que ce soit au sein de la famille, de la communauté paroissiale ou entre les nations, nous portons les masques de la méfiance et de la tromperie, dissimulant un mensonge selon lequel le moi égoïque est le point de référence et l’autre une entité jetable. Avec le marché mondialisé, tout a été marchandisé. Malgré les avantages de la technologie et des médias sociaux, ils sont devenus de « fidèles serviteurs » du marché. Les pauvres, y compris la Terre Mère en tant que nouveaux pauvres, appellent à l’aide. Le pouvoir, l’autorité et la richesse pourraient être utilisés pour restaurer, réhabiliter, servir et soigner, mais il semble que la cupidité, l’apathie, l’indifférence aient pris le dessus. Il aveugle l’esprit et engourdit le cœur de prendre ses responsabilités. Donc, c’est un monde sombre après tout.

Précisément, c’était l’esprit du Noël originel – le monde n’était pas prêt (il n’y avait pas de place dans l’auberge) si bien que naquit à la périphérie, dans un silence de mort, durant la nuit tranquille, sans argent pour se faire plaisir. C’est la sagesse de l’invitation du pape François pour nous à aller dans les périphéries et d’y rencontrer Dieu. Nous avons juste besoin de demander à l’Esprit de nous donner de nouveaux yeux pour saisir les signes, ordinaires et insignifiants qu’ils soient, mais ce sont des dons de Dieu qui nous conduisent à une nouvelle lumière. Dans nos lectures des Écritures à la messe, nous avons écouté des histoires de personnalités insignifiantes comme chemin vers l’Emmanuel. Ils semblent tous confrontés à des dilemmes moraux – dans leur stérilité, où est la lumière ? En suivant leur propre dessein, où est le plan divin ? Dans leur solitude, leur impuissance, leur peur, leur honte, où est la voie d’issue ? Précisément, dans ces moments mêmes, Dieu décide de venir vivre parmi nous.

Le seul chemin que l’Emmanuel a choisi pour venir au monde semble être celui des gens ordinaires dans les périphéries, confrontés aux réalités de la souffrance et de la douleur et luttant pour faire un choix fondamental, soit pour l’espoir, soit pour le désespoir, pour la violence ou pour la paix, soit pour les ténèbres ou pour la lumière, soit pour Dieu ou contre Lui. L’Esprit, à travers un ange, doit les envahir afin de les libérer de tout ce qui les rend non libres afin qu’ils puissent se soumettre librement au plus grand plan divin. Lorsque, dans nos vies et nos ministères, nous choisissons de collaborer avec les autres plutôt que d’être autonomes, d’écouter l’autre plutôt que de parler nous-mêmes, de prendre soin plutôt que de nous envelopper dans notre propre confort, de comprendre l’autre patiemment plutôt que d’insister pour que nous soyons compris, de servir plutôt que d’être servi, nous devenons des petits chemins de l’Emmanuel présent dans notre monde, pendant un moment, envers une personne à la fois. C’est un humble et petit choix que nous devons faire au quotidien, mais il devient précisément le chemin sacré de l’Emmanuel quand on le fait très bien. Frère Charles est notre icône d’espoir. Le pape François l’a reconnu dans Fratelli Tutti comme notre chemin vers le dialogue et la fraternité universelle. Notre choix consiste à accomplir notre pratique quotidienne et mensuelle de la spiritualité de façon résolue et avec une action déterminée afin de devenir des signes joyeux de l’Emmanuel dans notre monde d’aujourd’hui.

Alors, réjouissez-vous, chers frères, Noël est après tout, une saison de bonnes nouvelles et d’espoir.

Voici un chemin pour nous afin que nous puissions approfondir notre pratique et notre dévotion au frère Charles, surtout maintenant que sa vie et son charisme ont été reconnus par l’Église universelle. Après la canonisation, j’ai reçu 20 reliques du dicastère par l’intermédiaire de l’évêque du Sahara, John Mac Williams. Ces reliques sont à notre disposition. Nous, de l’équipe internationale, souhaitons vous les remettre en main propre après que vous ayez écrit une lettre de demande adressée à ericlozada@yahoo.com. Les premiers à arriver seront les premiers à être servis. La seule exigence est que vous organisiez une dévotion publique à son honneur, plus particulièrement dans les séminaires et les paroisses qui portent son nom. Merci beaucoup.

Que l’Emmanuel nous donne de pouvoir saisir les signes de notre temps, d’écouter leurs invitations dans la prière et le discernement et d’agir en collaboration avec le peuple de Dieu comme chemins de l’Emmanuel en devenant présents dans notre monde d’aujourd’hui.

Avec mon affection et mes étreintes fraternelles.

Éric, votre frère-serviteur

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Lettre de Cordoue – septembre 2022

Chers Frères des Fraternités d’Amérique,

Un salut très fraternel de Cordoue, où nous avons été très chaleureusement accueillis par nos frères argentins dans la Maison des Exercices Spirituels, Catalina de María. Nous avons rencontré des Frères Responsables Nationaux et des délégués de sept pays : Chili, Argentine, Brésil, République Dominicaine, Mexique, États-Unis et Québec-Acadie. Nous avons été encouragés par les messages envoyés par Eric Lozada, responsable international, par Ángel Rossi, archevêque de Cordoue, par Rafael Felipe, évêque émérite et fondateur de la fraternité en République dominicaine et par la visite de Ricardo Seirutti, évêque auxiliaire de Cordoue.

La réflexion de cette assemblée fait suite à la lettre de l’Assemblée Internationale à Cebu, Philippines (2019) et aux écrits du Pape François. Nous nous sommes concentrés sur le thème de la MISSION ÉVANGÉLISATRICE.

Nous avons partagé des expériences missionnaires réalisées par nos frères dans les périphéries géographiques et existentielles de notre Amérique qui touchent les personnes handicapées, toxicomanes, migrants, les peuples autochtones, les minorités exclues pour différentes raisons ainsi que les personnes malades. Nous incluons aussi des prêtres en crise qui recherchent sens à leur mission et à leur vie. Il existe différentes formes de pauvreté dans lesquelles nous trouvons le Christ crucifié et ressuscité. Dans le but de leur rendre leur dignité et de renouveler l’espérance à tous ceux que notre société rejette, marginalise et rend invisibles. Le christ a atteint ces périphéries avant nous pour y accomplis son œuvre libératrice.

Nous nous sentons signes et instruments de ce Christ « qui s’est dépensé à faire le bien » par sa proximité avec les plus vulnérables, l’écoute attentive, le dialogue, la compassion et l’action solidaire. Ne travaillons jamais seul dans de tels défis pastoraux. Travaillons toujours avec d’autres prêtres, avec des religieux, des diacres, des laïcs, des hommes et des femmes de bonne volonté. La pandémie nous a appris à travailler autrement, à nous réseauter car « nous sommes tous dans le même bateau » comme le dit le pape François et nous sommes tous frères et sœurs.

Notre présence solidaire, joyeuse, bienveillante et attachée à la dignité humaine, comme celle du Frère Charles de Foucauld, est le premier pas vers l’évangélisation. C’est « crier l’Evangile avec sa vie », comme il l’a dit lui-même, notre saint patron. Nous croyons fermement à la force évangélisatrice du témoignage personnel et communautaire. Sa canonisation en mai dernier nous confirme dans cette manière d’annoncer l’Evangile et nous encourage à partager notre charisme avec d’autres prêtres dans différents diocèses et pays d’Amérique où notre Fraternité sacerdotale n’est pas encore présente.

La fréquence avec laquelle le pape François mentionne le frère Charles dans ses documents officiels, dans ses discours et homélies nous montre que son témoignage est une richesse et une inspiration pour la mission évangélisatrice de l’Église d’aujourd’hui, dans le monde post-pandémique blessé par la faim, la violence, les inégalités et les adaptations de l’Église devant la laïcité(sécularité). Nous sentons la responsabilité historique d’être plus fidèles à notre charisme et de le cultiver plus intensément avec les moyens propres à notre spiritualité : l’adoration et l’Eucharistie, la revision de vie, la journée du désert, la vie fraternelle et la proximité avec les pauvres.

Notre travail d’évangélisation et de soutien auprès des plus abandonnés et méprisés se veut une parabole d’un monde fraternel, une semence du Royaume que Jésus de Nazareth a inauguré et une dénonciation prophétique de ce péché social. Notre mission, animée par l’Esprit Saint, vise à forger la fraternité dans le monde d’aujourd’hui comme le Pape François nous l’enseigne dans Fratelli Tutti.

Nous rendons grâce à Dieu parce que dans cette Assemblée nous avons fait l’expérience de cette fraternité, vécue dans le dialogue respectueux, la joie et la recherche de nouveaux chemins pour notre action évangélisatrice. Nous sommes conscients des forces et des faiblesses de nos fraternités en Amérique, principalement le vieillissement de beaucoup d’entre elles, mais nous apprécions et voulons nous inspirer du témoignage de fidélité de nos frères aînés. Nous les remercions pour les longues années où ils ont persévérés en continuant à construire « une Église pauvre pour les pauvres » comme l’a dit le Pape François au début de son pontificat, souffrant souvent d’incompréhension, de marginalisation et de discrédit.
Nous voulons continuer à renforcer notre communion continentale à travers l’échange d’expériences missionnaires, la formation d’une équipe pour l’animation de nos assemblées

Panaméricaines et la réalisation du premier « Mois de Nazareth» Panaméricain. Celui-ci aura lieu en République Dominicaine du 2 au 28 juillet 2023.

Nous désirons sincèrement remercier notre frère Fernando Tapia du Chili pour son service en tant que responsable continental durant les six dernières années et nous offrons notre soutien et nos prières à notre nouveau responsable panaméricain notre frère Carlos Roberto dos Santos de la Fraternité du Brésil.

Nous plaçons nos Fraternités sous la protection de Marie, Notre-Dame de la Visitation.

Membres de la troisième Assemblée Panaméricaine
Cordoue, le 23 septembre 2022

PDF: LETTRE DE CORDOUE. fr

Lettre de Pâques 2022. Eric LOZADA

LETTRE DE PÂQUES AUX FRÈRES DANS LE MONDE

DES TOMBES OUVERTES AUX NOUVEAUX CHEMINS DE L’ESPOIR

« Toi qui m’as fait voir beaucoup de troubles et de calamités, tu me ranimeras ; des profondeurs de la terre, tu me feras remonter. » (Psaume 71:20)

« Toi qui habites dans la poussière, réveille-toi et chante de joie ! Car ta rosée est une rosée de lumière, et la terre donnera naissance aux morts. » (Isaïe 26:19)

« Et beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et le mépris éternel. » (Daniel 12:2)

« Nous sommes un peuple de Pâques », comme le dit le cardinal Luis Antonio Tagle dans un de ses livres. La réalité de Pâques nous rappelle qu’au milieu de toute la violence, il existe une réalité de paix bien plus grande dans notre monde actuel. Il ne s’agit pas d’une sorte de formule magique, mais d’une conscience élargie et approfondie qui jaillit des profondeurs de la terre et déborde sur toutes les réalités de notre monde. La façon d’accéder à cette réalité pascale est de voir l’humanité et le monde à travers la lentille de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. En Dieu, l’univers entier est en train de naître avec la joie d’une nouvelle vie dans le Christ ressuscité, en dépit de tout ce qui tente de saboter cette vie. Nous nous épanouissons en tant que peuple d’espoir, enfants matures de la lumière, même si la mort et les ténèbres semblent être la réalité prédominante aujourd’hui. Nous continuons à être des ambassadeurs de l’espérance au milieu des réalités de la guerre et de la violence en Ukraine, au Myanmar, en Haïti, en Afghanistan, de la pauvreté et de l’inégalité dans les pays d’Afrique et d’Asie, de la destruction écologique qui fait payer un lourd tribut aux secteurs les plus pauvres d’un pays, de l’effondrement économique, des rivalités politiques qui tentent de s’annuler mutuellement, de la pandémie qui affecte gravement les personnes vulnérables et les pauvres dans le monde entier. La liste est longue.

L’espérance d’une vie nouvelle dans le Christ ressuscité est un antidote aux attitudes qui prévalent face aux sombres réalités d’aujourd’hui – celle qui consiste à prendre ses désirs pour la réalité ou à s’en échapper, celle qui consiste à être trop prisonnier de notre sombre réalité pour se laisser aller à la morosité et à l’impuissance totale, ou celle qui consiste à faire tout ce qui est possible pour survivre, en ne pensant qu’à son propre bien sans se soucier du bien commun et du soin de notre maison commune. L’espérance n’est pas une fuite mais une traversée du tunnel sombre de la réalité avec un saut de confiance vers le Donneur de Vie et de Lumière, le Dieu qui est toujours devant et au-delà. L’espérance est un abandon aimant à la vérité que la mort n’a pas le dernier mot sur tout, même si le mal semble avoir le dessus. Le défi de l’Espérance aujourd’hui est de construire des fraternités d’espérance, des personnes qui cheminent ensemble, ont un regard positif les unes sur les autres, s’écoutent avec respect et discernent où l’humanité est devenue une partie du problème plutôt qu’une partie de la solution aux maux de notre monde. En tant que personnes d’espérance, nous marchons ensemble comme des frères avec nos sœurs vers la réalisation du rêve de Dieu pour notre monde aujourd’hui dans le Christ ressuscité. Les efforts individuels ne peuvent pas tout faire. Notre monde actuel gémit pour un nouvel ordre mondial partagé, fondé sur le message d’espoir de Pâques.

Mais chaque chose en son temps. Reconnaissons d’abord ensemble où sont les tombes de notre monde que Dieu, dans le Christ ressuscité, est prêt à ouvrir avec nous et par nous. La guerre ouverte, la pauvreté, la destruction de l’environnement, les migrations, la fracture mondiale sont des symptômes de mauvaise volonté enfouis dans les tombes du cœur humain. La cupidité, l’indifférence, la violence, le ressentiment, la haine sont des dispositions humaines concomitantes fondées sur l’irrespect, la méfiance, la déformation des valeurs, l’aveuglement de la bonté de l’autre et du monde.

et du monde. Ces dispositions deviennent des attitudes mentales qui fomentent des structures de violence, d’injustice, d’abus de pouvoir qui obscurcissent l’esprit et engourdissent le cœur des individus dans un système. Collectivement, cela devient une culture dans laquelle la contre-vérité devient vraie, l’obscurité devient lumière d’une manière très déformée. L’espoir est ancré dans la ferme conviction que Dieu seul, dans le Christ ressuscité, peut ouvrir nos tombeaux et transformer notre mauvaise volonté en bonne volonté. Livrés à nous-mêmes, nous sommes trop aveugles, blessés, brisés et impuissants.

Ainsi, nous espérons ensemble, en tant que frères, avec nos sœurs en chemin. À partir de nos fraternités locales, fidèles à nos pratiques spirituelles de révision de vie, de journée du désert, d’adoration, de réunion de fraternité, nous offrons l’espérance à notre monde d’aujourd’hui, un jour après l’autre. Nous dialoguons et discernons ensemble où l’Esprit nous conduit – personnellement, communautairement, mondialement. Personne n’est seul. Chaque écoute personnelle est une écoute globale. Mais l’activité est principalement celle de Dieu dans le Christ ressuscité. Notre rôle est d’écouter profondément et de coopérer à l’activité salvatrice et même réparatrice de Dieu dans notre beau monde. L’activité d’espérance se fonde sur le don de la passion de Jésus (du mot latin passio, qui signifie non-activité). Jésus sauve le monde principalement par sa passivité sur la croix, plutôt que par son activité de guérison et de prédication. Lorsque nous nous sentons battus, incompris, humiliés, non maîtrisés, maltraités dans notre offre d’amour et de bonté aux autres, nous subissons notre passion d’amoureux de l’humanité. C’est ici et seulement ici que nous sommes invités à poser une question morale : comment allons-nous répondre au mal ? Quel genre de cœur offrirons-nous aux auteurs du mal ? Quel genre de vie sommes-nous prêts à donner à notre monde actuel ? Impitoyable ou indulgente ? En colère ou sobre ? Pleine de ressentiment ou aimante ? Ce n’est que lorsque Jésus a offert librement son pardon à l’humanité qui rejette son offre d’amour que le Père lui a donné la vie nouvelle.

Nous sommes invités à être les hérauts de cette vie nouvelle dans notre monde blessé, violent et fragmenté. Nous portons à la fois nos joies et nos peines, notre indifférence et notre attention, nos peurs et notre volonté d’être envoyés. Que notre frère universel, saint Charles de Foucauld, continue à nous inspirer et à nous accompagner dans notre désir de crier l’évangile par notre vie. Que sa reconnaissance comme saint soit un élan pour notre église d’aujourd’hui qui se veut frère et sœur de tous, missionnaire aux périphéries, prophète du dialogue et de l’attention à notre mais on commune.

Eric Lozada

PDF: 22-04-17, Letter de Paques 2022, frz., Eric Lozada

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Lettre de carême 2021 aux frères du monde. Éric LOZADA

Et maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. (Joël 2, 12-13)

Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père est ressuscité d’entre les morts. […] L’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix […] lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivant pour Dieu en Jésus Christ. (Romains 6, 3-11)

Salutations à vous tous, mes très chers frères!

Au moment où je vous écris, je vous porte tous dans mon cœur ainsi que les réalités complexes auxquelles chacun de vous est confronté en raison de cette crise mondiale. Il semble que la pandémie nous révèle nos forces et nos faiblesses, dans les relations personnelles, nationales et mondiales, dans les sphères économique, politique et religieuse. La pandémie est une période de grand dévoilement, comme le dit le Père Richard Rohr et comme le Pape François semble l’impliquer alors qu’il s’engage dans une déconstruction systémique de nos structures globales dans Fratelli Tutti. Je ne souhaite pas ajouter quelque chose à leur magnifique travail. J’ai plutôt l’intention de situer notre célébration du Carême avec ce que la pandémie révèle et enseigne à notre monde. Je voudrais voir la célébration du Carême comme un voyage de descente en spiral, plus nous descendons en profondeur, plus nous exposons ce qui est caché dans les cœurs humains et dans les sous-cultures de notre monde qui nous retiennent en otage dans le cachot du péché, de la peur, de l’indifférence, de la violence. Si nous entreprenons tous ce voyage avec honnêteté et une ferme résolution, nous atteignons le fond d’où proviennent tous les mensonges du péché, les illusions et les distorsions de ce monde. Comme le dit saint Paul, c’est notre mise au tombeau avec le Christ où nos anciens êtres sont enterrés avec le Christ afin que le Père puisse donner naissance à une nouvelle vie en nous dans le Christ. J’espère qu’au terme de notre voyage quadragésimal de 40 jours à Pâques, comme les apôtres après la résurrection, nous marcherons tous avec une joie et un courage renouvelés en criant le message de l’amour et de la joie de Dieu pour notre monde.

Notre voyage commence par ce que le prophète Joël propose : « revenez », « tournez-vous vers Dieu de tout votre cœur ». Nous commençons le voyage par une question : J’appartiens à qui ? Vers qui le monde se tourne-t-il ? Si nous posons un long regard plein d’amour sur le monde et sur nous-mêmes, il semble que le monde que nous sommes, a de nombreux faux dieux (manifestés ou cachés) que nous adorons, dont nous prenons soin, à qui nous donnons tout notre temps et notre énergie. Notre société d’addiction semble avoir des formes profondément enracinées d’idolâtrie, supplantant le vrai Dieu de notre plus profond désir par les faux dieux de la vie superficielle. C’est pourquoi, le prophète recommande le jeûne, les pleurs et le deuil.

Nous devons jeûner de ce dont nous nourrissons chaque jour nos esprits et nos cœurs, ce qui est toxique et ne provient pas des valeurs évangéliques. Nous devons pleurer sur la violence, l’injustice, l’indifférence, l’avidité de ce monde parce que, de manière très subtile, nous avons agi sous leur charme. Nous pleurons les erreurs du passé et apprenons à ne pas les répéter. St Paul appelle cela un baptême dans le Christ qui est aussi un baptême dans sa mort. Notre baptême est notre initiation et notre communion au Mystère pascal. À quoi sommes-nous prêts à mourir pour l’amour de Jésus et de l’Évangile ? Nous devons nommer nos morts. Et dans la passivité de notre mort en Christ, l’œuvre rédemptrice du Père en nous et dans notre monde nous ramène à la vie originelle de grâce. Lorsque nous mourons consciemment à l’ancien moi, le moi qui est asservi par le péché, nous devenons libres et vides de nous-mêmes tout en vivant pleinement et authentiquement dans la nouvelle vie du Christ et en Christ.

Et ainsi, chers frères, puissions-nous tous nous engager dans ce voyage de l’esclavage à la liberté, de la peur à la confiance, des ténèbres à la lumière, du péché à la grâce. Que ce voyage soit notre cadeau humble mais sincère aux personnes qui nous sont confiées et à notre monde anxieux, fragmenté et violent. Permettez-moi également de vous exprimer ma profonde reconnaissance pour votre humble témoignage de l’Évangile et votre attention zélée envers les pauvres dans vos propres lieux d’affectation, surtout en cette période de pandémie. Ma gratitude envers nos frères qui ont écrit les cinq textes et les traducteurs de ces textes. Ils étaient destinés à nous préparer spirituellement à la canonisation du frère Charles. Puis-je inviter ceux qui n’ont pas lu et réfléchi à ces textes à y accéder sur notre site Web: www.iesuscaritas.org. Et pour ceux qui l’ont fait, continuez à revenir sur ces textes.

En complément de notre voyage de Carême, j’ai pensé à introduire le processus de refondation. Dans mes correspondances avec le Cardinal Stella de la Congrégation pour le Clergé, il m’a posé des questions importantes sur notre manière de nous comporter en termes de fidélité au charisme du Frère Charles et comment grandissons-nous en mission en tant que prêtres diocésains inspirés par sa spiritualité. De ces conversations, l’idée même de réaliser une enquête mondiale est née. Au lieu de répondre seul à ces questions, j’ai pensé à nous ensemble dans une aventure de recherche et de récupération de nos précieux joyaux qui nous sont peut-être cachés mais qui continuent de nous inspirer. Je propose un processus en deux phases.

La première phase sera davantage axée sur les données. Ici, je lance un appel aux confrères responsables locaux, nationaux et continentaux pour qu’ils fassent le travail majeur. Vous, frères responsables locaux, devez nous fournir des données de votre fraternité locale quant au nombre de membres réguliers et d’autres informations importantes. Lorsque le formulaire d’enquête arrive, veuillez le lire attentivement. Veuillez à ce que les données que vous offrez à notre fraternité mondiale soient vraies. Une note sur les membres réguliers : ce sont des frères qui assistent régulièrement à votre réunion mensuelle depuis au moins un an ou qui se connectent régulièrement numériquement avec vous ou avec l’un des frères de votre fraternité locale. Si le frère est en mission à distance mais qu’il se connecte régulièrement, il pourrait toujours être un membre régulier. Les frères qui s’intéressent à notre spiritualité mais ne peuvent s’engager à assister régulièrement aux réunions ou à des correspondances régulières sont appelés « sympathisants ». La clé est l’engagement. Le formulaire d’enquête proviendra de votre responsable national. Vous disposez d’un délai de deux semaines pour remplir le formulaire et le renvoyer à votre responsable national. Je vous remercie sincèrement pour votre générosité.

La deuxième phase aura lieu quelques mois ou un an plus tard. Le processus sera davantage une révision communautaire de nos vies sur la façon dont nous grandissons en termes de fidélité au charisme du frère Charles et comment nous grandissons dans notre zèle missionnaire en tant que prêtres diocésains inspirés par le frère Charles.

Merci beaucoup, chers frères. Sachez que je continue à porter votre continent et votre pays dans ma prière. Veuillez me porter également dans votre prière. J’en ai besoin.

Avec une joie fraternelle,

Eric LOZADA, responsable international

Dumaguete, Philippines, février 2021

PDF: Lettre de Carême 2021 d’Éric, fr

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TOUT EST GRÂCE. La dernière lettre d’Antoine CHATELARD

Tout est grâce ! Il nous est donné d’accueillir NOËL et la nouvelle année en même temps que le Covid 19. Édouard et Paul-François ont été testés positifs, Immanuel et moi négatifs, hier lundi soir suite à la visite d’une nièce d’Édouard venue de Paris le 16 et 17 décembre. On s’organise donc face à une situation nouvelle sans bien savoir ce que nous réservent les jours qui viennent.

Merci de vos nouvelles et de vos vœux. Ils m’arrivent presque tous après un silence qui s’explique par les événements de cette année spéciale, qui remettent en cause les habitudes et les relations normales. C’est aussi une nouvelle manière de revivre notre histoire à travers les années qui ont laissé des traces avec les célébrations de personnages historiques qui n’avaient pas marqué mon histoire alors que j’étais loin de France et sans les possibilités d’information dont nous disposons maintenant.

A ceux et celles qui se posent des question sur mes occupations et sur mon nouveau livre je dois dire qu’il ne sortira qu’ à l’annonce de la date de la canonisation pour des raisons commerciales évidentes. Il est chez l’éditeur depuis plus d’une année et ne parlera que de Charles de Foucauld à Tamanrasset en commençant par l’historique de l’Asekrem où il ne séjourna que quelques mois en 1911 et qui reste source de questions sur ses vraies motivations. Suivra un chapitre sur ses occupations de l’année suivante à Tamanrasset (1912) typique de sa conception des affaires du monde. Le chapitre 3 se limitera à ses seuls passages programmés à Marseille en 1913, avec un jeune touareg, dont on a encore jamais parlé, même dans les livres les plus récents. Enfin dans un dernier chapitre, la seule journée du 1/12/1913 à Tamanrasset nous permettra de le voir vivre dans ses différentes occupations en essayant de suivre son emploi du temps revu et corrigé.

Ce ne sera qu’une introduction pour d’autres sujets qui méritent des mises au point et peuvent nous révéler encore une forme de sainteté pas toujours évidente. J’apprends à l’instant que notre pape François ne s’est pas contenté de conclure son encyclique Tutti fratelli en parlant de lui mais qu’il vient d’offrir une biographie de ce futur saint aux membre de la Curie romaine, sans dire de quel livre il s’agit. En terminant « Fratelli tutti » en mentionnant notre frère Charles il m’encourageait à poursuivre mon travail pour montrer avec plus de détails ce qu’a été sa vie fraternelle avec des hommes et des femmes qu’il a aimés, non pas seulement pendant une seule journée mais chaque jour, pendant les dernières années de sa vie. Ce sont des centaines de personnes qui sont venues dans ce qu’il avait appelé « la fraternité » quand il rêvait encore de regrouper des disciples mais où il a toujours été seul.

Dans les premières années il notait seulement les noms des bénéficiaires de ses aumônes et de ses petits cadeaux, sur des feuilles détachées qu’on ne retrouve pas dans l’édition des carnets. Ce n’est pas sans importance car il nous fait connaître ainsi des centaines de personnes rencontrées, dès les premières années. En revanche pendant les trois dernières années il a noté chaque jour leur nom et on peut compter que quelques uns sont venus des centaines de fois. Ces chiffres sont importants pour comprendre l’importance de ces visites reçues auxquelles s’ajoutent celles qu’il va faire aux uns et aux autres.

Lui qui dans les premières années ne sortait pas à plus de cent mètres, n’hésite plus à faire des kilomètres pour aller chez ceux et celles qui sont malades, mais aussi pour visiter leur nouvelle maison ou pour voir leur jardin, alors qu’il est très occupé par son travail linguistique, par ses temps de prières et par une correspondance très abondante. Je voudrais montrer qu’il ne fait plus rien pour les convertir, même s’il en parle encore quelques fois, mais se sent le devoir de travailler à leur salut comme au sien, en les aimant comme ils sont et comme Jésus les aime. C’est ainsi que s’exprime dans les listes quotidiennes de ses carnets et aussi dans ses rares écrits personnels ou dans certaines lettres son souci du salut de chacun.

J’apprends donc à compter ces personnes, surpris de découvrir que beaucoup étaient encore vivants quand je suis arrivé à Tamanrasset et à l’Asekrem en 55 et même bien plus tard.

C’est sûr qu’il a encore quelque chose à dire à notre Église et au monde, même si ce n’est pas nouveau. La reconnaissance officielle et universelle de sa sainteté sera un bon réconfort pour tous ceux qui se réfèrent à lui partout dans le monde et surtout parmi les évêques, les prêtres et les laïcs, religieux et religieuses qui se sont laissés inspirer par lui et qui ont disparu après avoir jouer leur rôle dans le monde. Elle sera surtout un appel pour les jeunes qui ne s’ intéressaient plus à ce témoin d’un autre siècle.

Oui merci à François, notre pape, qui aurait pu terminer en citant encore François d’Assise et qui nous a parlé de Charles comme s’il lui donnait un rôle important pour l’avenir de l’Église et du monde après la pandémie universelle qui retarde sa canonisation. On n’a jamais autant parlé de notre bienheureux que ces derniers temps avec le décès de Mgr Teissier, le jour même de sa fête. L’ambassadeur d’Algérie en France s’est exprimé dans un langage prophétique, faisant de lui un saint et surtout un compatriote. La canonisation n’ajoutera pas grand chose à ces cérémonies de Lyon et de N-D d’Afrique. Beaucoup avaient pu voir la revue « En Dialogue » n°14, sur Charles de Foucauld et les musulmans, sortie juste avant ces événements.

Je dois reconnaître que le vieillissement n’améliore pas mes possibilités de déplacement même à l’intérieur et malgré les séances de kiné à l’extérieur. Les événements m’occupent plus que mon travail sur Foucauld et la perspective trop lointaine de voir sortir mon livre ne m’encourage pas à travailler, même si des questions venues de partout y compris de Tamanrasset et d’ailleurs en Algérie m’obligent à répondre sur des points de détails qui ne m’éloignent pas de son histoire.

A chacun un joyeux noël et une meilleure année 2021
Antoine

PDF: Tout est grâce ANTOINE CHATELARD – FR

Lettre de Pentecôte 2020, Eric LOZADA

« Viens, Esprit Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. Viens en nous, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs. Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, … viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles, lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé » (de Veni Sancte Spiritus).

Frères bien-aimés,
avec une plus grande intimité et attention, je fais avec vous cette prière à l’Esprit. Le Corona virus nous a tous contraints à nous arrêter et à jeter un profond regard d’appréciation sur ce qui s’est passé localement et mondialement, ce qui nous a conduits là où nous en sommes maintenant afin que l’Esprit puisse nous conduire vers de nouveaux chemins de créativité. La pandémie nous enseigne que notre monde a besoin d’être renouvelé, sinon nous allons tous périr. Notre considération pour chaque personne humaine, pour les modes opératoires dans la famille, pour les communautés voisines, pour les écoles, les églises, les religions, la politique, l’économie, la technologie, les médias sociaux, nos soins pour notre Mère la Terre, tout cela doit se fonder sur des principes plus universels et inclusifs, équitables, moins condamnatoires et contradictoires afin de pouvoir progresser à nouveau dans la civilisation de l’amour et de la vie.

Nous accueillons à nouveau l’Esprit à Pentecôte mais d’une certaine manière nous oublions que l’Esprit est là depuis le tout début à la Genèse (cf. Gn 1, 2). Le mouvement de l’Esprit a toujours consisté à ramener l’ordre du chaos, à donner la vie, à nous conduire à toute la vérité, à nous enseigner tout ce que nous devons savoir (Jn 16, 13). Mais le même Esprit souffle partout où il veut et nous ne pouvons pas dire d’où il vient et où il va (Jn 3, 8). Notre théologie, notre réflexion calculée et notre planification ne peuvent prédire ni obstruer la voie de l’Esprit. Il nous surprend toujours, en élargissant notre vision et en libérant de plus en plus nos cœurs de toutes obstructions afin que nous soyons libres pour Dieu dans notre monde. De même que nous ne pouvons pas voir l’air, le silence, le Saint-Esprit renouvelle notre monde d’une manière qui dépasse notre vision. Nous devons simplement être présents à sa Présence à chaque instant.

Notre monde, y compris notre Mère la Terre, est en proie à l’accouchement pour donner naissance à ce que ressemblera l’avenir après la pandémie. La grande mystique, Julienne de Norwich, dans sa 13e révélation, dit: «Tout ira bien et toutes sortes de choses iront bien». Il a expliqué que cela signifiait être joyeux en toutes circonstances, même défavorables, parce qu’en dernier essor, le Christ récapitulera toutes choses. Nous devons faire attention à la façon de recevoir ce message. Est-ce à dire que nous croisons simplement les bras et laissons tout à Dieu? Est-ce une sorte de théologie molle qui promet la manne du ciel au milieu de nos souffrances?

La pandémie nous enseigne l’espérance. L’espérance est notre capacité à remettre l’avenir entre les mains du Dieu d’amour. L’espérance n’est pas quelque chose de mou; c’est une lutte pour espérer. Nous luttons parce qu’il semble que le mal, la tyrannie, la violence, la peur, la mort dominent plus que la bonté, la paix, l’unité, l’amour, la vie. La réponse de Dieu au mal est cachée dans le Christ ressuscité. Il n’a jamais sauvé son Fils du creuset de la souffrance mais il l’a finalement justifié avec une nouvelle vie après qu’il ait traversé l’impuissance, la peur, la violence, la mort. En fin de compte, Dieu nous justifiera et montrera au monde et à tous ses systèmes à quel point il était faux à bien des égards (cf. Jn 16, 8). Mais nous devons prendre une décision. Face au mal et à la souffrance, laisserons-nous la peur, le désespoir, l’indifférence, l’amertume, la colère, la déception dominer notre cœur ou serons-nous plus ouverts, réactifs, pleins d’amour, de pardon, de vie ? L’Esprit renouvelle notre monde et toute la création de manière plus patiente, douce et humble. Nous sommes invités à ne pas nous opposer à son chemin mais à suivre le plan de Dieu pour notre monde.

Alors, que devons-nous faire? Quelles sont les possibilités et les défis qui nous sont donnés et auxquels nous devons faire face avec un courage et une espérance renouvelés? Quelqu’un a dit un jour : « Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de grands hommes avec de petits cœurs, mais de petits hommes avec de grands cœurs, car seulement les petits et les minuscules peuvent passer à travers le chas d’une aiguille ». De petits actes de bonté accomplis avec des cœurs débordants et dévoués. Aujourd’hui, notre nouveau principe est la nécessité de revenir aux fondements de la vie selon l’Évangile, les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles.

Notre propre frère Charles nous a laissé une spiritualité – imiter Jésus à Nazareth, chercher la dernière place, vivre simplement, faire l’apostolat de la bonté pour une personne à la fois, être un frère et un ami pour chaque personne, sans distinction de couleur, de croyance, de statut, être proche des pauvres. Le pape François nous exhorte à aller vers les périphéries, à être les témoins de la joie de l’Évangile, à protéger les mineurs et les adultes vulnérables, à nous engager dans une formation permanente, à protéger notre Mère la Terre, notre maison commune. Nous devons également retourner aux fondements de notre pratique spirituelle avec un nouvel enthousiasme – adoration quotidienne, méditation quotidienne de l’Évangile, révision de vie, journée mensuelle de désert, rencontre de fraternité. Nous renouvelons notre fidélité à la pratique non pas pour nous perfectionner mais pour prendre une plus grande responsabilité pour le don et laisser ses fruits couler vers les autres à l’infini jusqu’à ce que Dieu soit glorifié dans leurs propres vies.

Frères, en cette période de pandémie, nous recevons un don spécial de notre Mère l’Église – le décret de la sainteté de frère Charles. Avec les autres membres de la famille spirituelle, y compris ceux qui se sont inspirés du frère Charles mais ne sont pas des membres «canonisés» de la famille spirituelle, nous remercions l’Esprit pour ce don. Nous espérons et prions pour que la vie, le message, l’intuition et l’héritage du frère Charles soient rendus plus disponibles et soient une inspiration pour beaucoup de gens, comme le veut l’Esprit. Pour nous mêmes, nous prions pour une plus grande détermination à témoigner dans nos vies et notre ministère de ce pour quoi frère Charles a vécu.

Je termine ma lettre par la Collecte de la messe d’aujourd’hui – « Père, sanctifie ton Église chez tous les peuples et toutes les nations ; répands les dons du Saint-Esprit sur l’immensité du monde ».

Merci beaucoup. Nous continuons de nous porter les uns les autres ainsi que notre monde dans la prière. Merci de prier pour moi aussi.

Votre frère et serviteur responsable,

Eric LOZADA
Philippines, le 21 Mai 2020

PDF: Lettre de Pentecôte du responsable général aux frères, Éric LOZADA, Pentec.2020, fr

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Lettre de pâques 2020 aux frères du monde entier. Éric LOZADA

Philippines, 12 avril 2020

Je suis ressuscité et je suis toujours avec toi, Alléluia. (cf. Ps 139, 18)

Frères bien-aimés,

je vous écris de mon ermitage, en quarantaine comme beaucoup d’entre vous. Cette clôture imposée est une excellente invitation à l’adoration quotidienne, à la méditation de l’Évangile, à la journée de désert, à la révision de vie, à la prière pour le monde, en particulier les pauvres, avec fidélité, intensité et application. Une vie de qualité de solitude et de prière est notre humble acte de charité pour notre monde en cas de pandémie.

En regardant par ma fenêtre, je perçois les signes d’une nouvelle vie de la nature. C’est sec et humide ici, mais les oiseaux jouent et chantent leur unique répertoire de chansons, les papillons volent doucement de fleur en fleur à la recherche de nectar, les arbres sont verts et donnent de l’ombre malgré la lourde chaleur. C’est merveilleux, comme la nature a sa propre façon d’annoncer la résurrection ! Pas de soucis, abandon total à Dieu qui s’occupe d’eux. Nous, les humains sommes censés être une race supérieure à cause de notre raison, mais la même chose a systématiquement affaibli la confiance en Dieu au jour le jour et nous comptons davantage sur notre pensée égoïste. Cette même pensée a été la cause de la violence, de la haine et de la méfiance. La résurrection offre le pardon, l’amour et la confiance. Le monde doit choisir.

Nous sommes en quarantaine communautaire renforcée jusqu’au 3 mai, mais les prêtres reçoivent des laissez-passer pour les œuvres liturgiques et caritatives. Je l’utilise tous les jours pour rendre visite à des personnes où je suis invité à accompagner les mourants et les familles en deuil, à faciliter le dialogue dans les familles, à donner de la nourriture et de l’argent à ceux qui ont été licenciés. Quelqu’un m’a exhorté à être avec les gens dans leur impuissance, surtout parce qu’ils ne pouvaient pas aller à l’église et prier. La Présence apportée par ma présence est pour eux un baume apaisant de réconfort. J’ai cependant fait très attention à suivre les protocoles d’hygiène et d’éloignement afin de ne pas nuire davantage à la communauté. Ce matin, mon ami Lemuel est venu à l’ermitage très affamé, le regard hagard, demandant de la nourriture pour ses 4 jeunes enfants affamés. Lemuel a été licencié. En lui remettant quelques vivres, je suis béni par sa joie mais je ressens aussi l’incertitude dans ses yeux.

Après la prière de ce matin, je jette un long coup d’œil à la carte affichée sur mon mur. Mes yeux sont fixés sur les quatre continents d’Afrique, d’Europe, d’Asie, des Amériques. Le virus est en effet un grand égalisateur, car les pays riches et pauvres souffrent du même sort. Je vois des visages de médecins, d’infirmières, de patients, de leurs familles, inquiets, effrayés mais luttant pour la vie. (Pendant que j’écris, on m’informe que ma sœur qui travaille comme infirmière aux États-Unis est testé positif au Covid. Sa famille est maintenant à risque).

Le monde vit sa passion. Je vois des visages d’impuissance, d’inquiétude, de peur, de tristesse, de haine, de violence partout sous de multiples déguisements. Je m’interroge : quel est le message du Christ ressuscité à notre monde aujourd’hui? Qu’est-ce que Dieu nous invite à voir? Où nous mène-t-il? Est-ce que la résurrection signifie qu’il nous sauvera de tout cela? Quelle est la réponse de Dieu à son peuple en cas de pandémie? Comment entendre le doux message de la résurrection au milieu des nouvelles accablantes de mort, de souffrance, de conflit? Où est le chemin de l’espoir et d’une nouvelle vie en cette période difficile?

Frères, veuillez souffrir avec moi de ces questions. J’ai besoin de vous, nous avons besoin les uns des autres, les gens ont besoin de nous. La résurrection n’est pas une joie bon marché ni des mots doux pour nous sauver de nos souffrances. Nous devons tendre nos oreilles et élargir nos cœurs pour entendre le Message. Nous luttons avec Dieu pour des réponses même si sa réponse est cachée dans Son silence.

Je trouve que la lecture du récit de la résurrection selon saint Jean de cette année est un Kairos. Certains détails de Jean pourraient nous aider à voir et à entendre le Message. Comme je ne suis pas très bien formé en herméneutique biblique, je m’appuie sur une réflexion priante du texte. Soyez généreux s’il vous semble naïf.

Permettez-moi de souligner seulement trois choses. Premièrement, Jean parle de la résurrection comme ayant lieu «le premier jour de la semaine, alors qu’il faisait sombre» (Jean 20, 1a). La résurrection jaillit des fondements mêmes de notre humanité et du monde, dans l’obscurité de l’ignorance. Cela nous rappelle la Genèse lorsque le monde était sombre et sans forme et que l’Esprit planait au-dessus des eaux sombres. Alors Dieu dit: « Que la lumière soit et la lumière fut » (Gn 1, 2-3).

Aujourd’hui, le monde est dans l’obscurité de la pandémie. L’avenir semble même plus sombre pour beaucoup. Comment les entreprises, le gouvernement et le peuple vont-ils récupérer? Notre planification stratégique, nos prévisions optimistes, trouvent-elles le remède et assez de lumière pour nous donner un avenir radieux? Au milieu d’une obscurité totale où les fondations du monde semblent ébranlées, le Christ, la Lumière éclate. Peut-on voir? Voir ne vient pas de notre logique humaine car la même chose est facilement vaincue par les ténèbres. La lumière vient du Christ ressuscité. Dieu va-t-il nous sauver de ce mal? Pas du tout, car le mal fait ce qu’il fait. Dieu sauve. Il confirme finalement la vertu, la bonté, la fidélité pendant que nous traversons le mal et la souffrance, tout comme ce qu’il a fait à Jésus. Finalement c’est Dieu et le Christ ressuscité qui contrôlent et non le mal et la mort. C’est notre credo. Nous devons simplement faire confiance à sa vérité et la vivre au jour le jour.

Deuxièmement, Jean souligne que Marie de Magdala fut la première à voir le tombeau ouvert. (Jn 20, 1b) Elle était triste parce qu’elle ne pouvait pas encore faire le lien entre le tombeau ouvert et la résurrection. Ce n’est qu’après avoir pleuré qu’elle a vu le Ressuscité (cf. Jn 20, 11 ss). C’est une invitation pour nous à voir notre réalité à travers la lentille douce du féminin – dans la tristesse et dans les larmes. Les deux préparent le cœur à une véritable vision. Il y a beaucoup de choses dont nous sommes tristes aujourd’hui à propos de notre réalité. Nous sommes en larmes parce que d’une manière ou d’une autre, nous faisons partie de ce monde blessé, brisé et violent et à bien des égards, nous avons contribué à sa violence et à ses blessures.

Enfin, Marie a rapporté à Pierre et Jean ce qu’elle avait vu. Pierre et Jean l’ont vu par eux-mêmes. Pierre a vu. Jean a vu et cru. Ils ne comprenaient pas encore tous le sens de la résurrection (cf. Jn 20, 2-9). Ce détail nous apprend que pour expérimenter une nouvelle vie, nous devons aller à la rencontre les uns des autres et marcher ensemble en tant que communauté de chercheurs de vérité. Notre réalité est une vision partagée et personne ne monopolise le tout ou absolutise sa part du tout. Chacun y contribue. Chacun croit que l’autre a quelque chose à apporter. La vérité nous rend humbles, car au lieu de la posséder, elle nous possède. Cela nous dépasse toujours. Nous avons donc besoin de la contribution de chacun. La vérité est un cadeau gratuit révélé à une dynamique communauté de pèlerins qui cherche avec espoir. Malheureusement, dans notre monde postmoderne, le pouvoir est confondu avec la vérité. Ainsi, on devient arrogant de sa part et absolutise sa part comme toute la vérité. C’est la même mentalité qui crée la guerre et la violence. La résurrection donne la paix et le pardon. Nous devons choisir.

Frères, nous continuons aujourd’hui à partager notre recherche de la vérité dans le Seigneur ressuscité dans la solitude de notre prière et dans nos activités fraternelles et missionnaires. Frère Charles nous montre le chemin et marche également avec nous, dans notre désir de suivre Jésus de Nazareth, d’être un frère pour tous, de vivre Nazareth, d’être présent aux pauvres, de réviser nos vies, de crier l’Évangile avec nos vies, pour sentir comme les brebis dans notre mission vers les périphéries, pour vivre l’Évangile avant de prêcher. Telle est notre spiritualité en tant que prêtres diocésains sur les pas du frère Charles. C’est aussi notre cadeau à notre monde et à notre Église aujourd’hui. En tant que cadeau, ce n’est pas un mérite mais nous devons constamment réajuster le cadeau par la pratique. Ici, nous sommes tous débutants et compagnons de lutte mais ensemble, nous nous encourageons mutuellement à continuer de retourner à notre pratique.

Mon humble prière pour chacun de vous. Priez aussi pour moi.

Eric LOZADA

(Traduction de Honoré SAVADOGO)

PDF: Lettre de Pâques 2020, Eric LOZADA, frère responsable, fr

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Lettre d’Éric. Notre frère Mariano PUGA

le 16 Mars 2020

Je disais : je ne verrai plus Yahvé sur la terre des vivants.
Je ne verrai plus personne parmi les habitants du monde.
Ma tente est arrachée, jetée loin de moi, comme la tente des bergers.
Comme un tisserand tu enroules ma vie pour en trancher la trame (Isaïe 38,11-12)

Il existe une bonne mort et nous sommes responsables de la façon dont nous mourons ;Nous devons choisir entre nous accrocher à la vie et ainsi notre mort devient un véritable échec et désastre ou bien laisser la vie libre de nous transformer en don pour les autres comme une source d’espérance. ( Henri NOUWEN ; La vie de l’Aimé )

Chers frères

profondément touché par son départ et très reconnaissant envers lui, je vous annonce le grand passage de notre frère aîné et icône vivante de notre fraternité : Mariano PUGA CONCHA de Santiago de Chile ; il est décédé le 14 mars 2020, âgé de 88 ans, frappé d’un cancer lymphatique.

Permettez-moi d’évoquer la grande amitié qui nous a liés ; notre première rencontre remonte à l’assemblée générale du Caire en 2000 ; avant son élection comme responsable général, sa présence dans le groupe était déjà un virus qui se répandait en joie et rires notamment quand il accompagnait les chants à l’accordéon ; nous ne savions pas que ces chants en espagnol venaient des quartiers populaires de Santiago ; lui, très jovial et fort, jamais déprimé ressemblait à un troubadour qui par son souffle et son cœur porte les rêves et les aspirations de son peuple ; Je restais impressionné par sa vivacité d’esprit et sa musique joyeuse.

Notre seconde rencontre eut lieu aux USA en 2002 ; lui visitait la fraternité et moi j’y faisais une année sabbatique. Notre frère maintenant décédé Howard Caulkins fit en sorte que je puisse me rendre avec Mariano à l’assemblée des frats au Minnesota ; Ainsi nous avons voyagé ensemble et rapidement nous nous sommes retrouvés sur la même longueur d’onde, dialoguant d’une façon profonde et personnelle. Je lui racontai comment j’étais en crise avec l’Eglise, avec mes démons personnels et avec Dieu ; jamais je ne m’étais senti autant écouté ; à la fin il m’a serré dans ses bras, tel un grand frère réconfortant un plus jeune, avec des larmes aux yeux, partageant ma douleur. Nous sommes quittés avec cette promesse de rester proches par la prière, moi dans l’abbaye où je me rendais et lui en route vers Tammanraset.

Ma dernière rencontre avec lui remonte à l’an passé dans l’île de Cébu aux Philippines pour l’assemblée générale des fraternités ; Voyager ainsi à 88 ans à l’autre bout du monde se révéla difficile et il en paya le prix ; il fut hospitalisé 2 fois et chaque fois je l’ai l’accompagné ; sa sagesse m’invitait à quitter mes prétentions et à accepter en profondeur un échange sur nos histoires personnelles ; et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés au coude à coude comme deux frères. Je suis resté auprès de lui pendant 5 heures aux urgences, puis dans la chambre mise à sa disposition ( et pourtant il avait insisté pour être dans la salle commune avec les pauvres) Je le quittai bien tard ce jour ; au moment de partir, avec un beau sourire il me murmura: «  l’assemblée est terminée ; je pourrais rentrer à la maison » Je suis reparti quelque peu remuémais surtout enrichi de cet émouvant dialogue, « cette révision de vie » que Mariano voulait placerau cœur de chaque rencontre de frères.

Permettez-moi de vous partager aussi quelques lignes écrites par Fernando TAPIA du Chili : « Mariano fut un passionné chercheur de Dieu et un amoureux de Jésus de Nazareth ; Etudiant, sa rencontre du Christ à travers les pauvres d’une décharge d’ordures changea sa vie pour toujours ; il a tout quitté et entra au grand séminaire ; c’est là qu’il découvrit Charles de Foucauld et devint son disciple jusqu’à la fin de sa vie ; il devint directeur spirituel et formateur au séminaire de Santiago; puis il se fit prêtre-ouvrier pour plus de 30 ans, partageant la vie des pauvres ; il a toujours vécu avec eux ; il fut leur pasteur, leur défenseur au temps de la dictature militaire de Pinochet, souffrant la prison 7 fois. Il s’engagea en faveur d’une Eglise liée à la situation et aux combats des pauvres ; infatigable il prêcha de nombreuses retraites au Chili et à l’extérieur ; c’était un homme de prière, joyeux, proche de tous croyants ou non, missionnaire dans les périphéries de la société chilienne, à la suite du Père de Foucauld ; l’évangile était son guide, cet évangile il voulait le crier par sa vie »

Mariano, frère et ami, un grand merci ; Merci pour ton témoignage fou d’un Dieu fou en Jésus de Nazareth ; je partage la reconnaissance et la peine des pauvres de Santiago ; tu les a touchés si fortement par ton témoignage ; Que Jésus, le bon pasteur,te reçoive pour toujours dans ta nouvelle demeure, celle qu’il a préparée pour ceux qui sont fidèles. Frères, je prie avec Mariano, pour que dans nos réunions et assemblées, nous continuions à prendre le risque de partager notre pauvreté et notre vulnérabilité ; c’est notre pauvreté qui nous unit, nous qualifie et nous rend libre en tant que frères c’est aussi le trampoline pour notre mission parmi les pauvres, comme nous le disions à Cébu.

Renouvelons notre engagement à suivre la vie missionnaire de Jésus avec les pauvres, à la suite de Frère Charles.

Eric LOZADA aux Philippines
( traduction de Jean-Louis RATTIER)

PDF: Lettre d’Éric. Notre frère Mariano PUGA, fr

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