Chers frères de la Fraternité Sacerdotale Jésus Caritas
Nous marchons avec notre Bien-Aimé sur son chemin de Pâques, où nous avons vu, entendu et ressenti le triomphe de l’amour. En cheminant avec lui, nous avons eu la certitude que Pâques n’est pas un événement isolé, mais une vie donnée.
Pâques exige que nous nous retirions des distractions pour contempler le Christ ressuscité. Mais le désert cesse d’être un lieu géographique et devient un espace d’écoute et de renouveau spirituel. Alors que nous nous préparons à recevoir le Saint-Esprit à la Pentecôte, nous poursuivons notre cheminement à travers le désert dans le silence intérieur, mais au milieu de l’hyperconnectivité et de l’anxiété de la vie moderne, et nous ne pouvons pas ne pas voir autour de nous la douleur et la mort de tant d’innocents dans de nombreuses endroits du monde, victimes de la cupidité, de l’indifférence mondiale et de la méchanceté humaine. Dans leurs messages, le pape François et le pape Léon XIV ont tous les deux condamné avec véhémence ces conflits armés auxquels ils ont clairement et précisément qualifiés de « défaite pour toute l’humanité ». C’est là que le feu de l’Esprit nous pousse à quitter les portes closes de la peur et à habiter les périphéries existentielles, forgeant la fraternité là où règne la division.
L’Esprit qui est descendu sur les apôtres réunis est le même Esprit qui aujourd’hui, avec la même intensité, souffle sur chacun de nous en guérissant notre aridité, en réchauffant nos cœurs froids et en redressant ce qui est devenu rigide dans notre ministère.
À la Pentecôte nous n’avons pas seulement reçu un don, mais aussi la capacité de comprendre que prier, c’est aimer, et qu’aimer, c’est se donner, consacrer notre vie pour engendrer une vie nouvelle là où elle est affaiblie ou diminuée. Soyons dociles et laissons-nous emporter par le souffle impétueux de l’Esprit Saint, qui ne connaît pas de frontières et nous invite à être, comme notre frère aîné Charles de Foucauld, des « frères universels » au cœur du monde.
La mystique de Nazareth nous invite à faire taire le bruit numérique et idéologique de notre temps, et à vivre la Résurrection par un abandon confiant, une fidélité dans l’adoration eucharistique et une charité fraternelle.
Nul besoin d’exploits extraordinaires ; le souffle impétueux du Saint-Esprit agit en nous dans le silence et l’anonymat de Nazareth. Qu’il brûle en nous toute médiocrité, toute fierté et toute peur, ne laissant qu’un seul désir : vivre l’Évangile dans la petitesse, dans la bonté et dans le silence. Et qu’il nous permette d’aimer tellement que, en nous voyant, les gens puissent dire : « Si le serviteur est ainsi, comment ne serait-ce pas le Maître ? »
Frères, laissons-nous surprendre par l’Esprit Saint. La grâce de la rencontre mensuelle dans la fraternité locale, avec la joie de se retrouver entre frères qui font la révision de vie et célébrent ensemble l’Eucharistie et l’adoration eucharistique, est le lieu où l’Esprit agit, adoucissant les cœurs afin que notre engagement missionnaire jaillisse de notre proximité avec Jésus.
Soyons des prêtres avec « l’odeur des brebis », passionnés par Jésus et profondément fraternels envers ceux qu’il place sur notre chemin.
Viens Esprit Saint ! Remplis nos cœurs !
P. Carlos Roberto dos Santos
Responsable Internacional
📃 PDF : Lettre de la Pentecôte 2026 FR


