{"id":4135,"date":"2019-11-05T18:43:37","date_gmt":"2019-11-05T17:43:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/?p=4135"},"modified":"2020-11-28T09:41:11","modified_gmt":"2020-11-28T08:41:11","slug":"lo-que-aprendo-de-mis-vecinos-marc-hayet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/documentos\/lo-que-aprendo-de-mis-vecinos-marc-hayet\/","title":{"rendered":"Ce que j&rsquo;apprends de mes voisins. Marc HAYET"},"content":{"rendered":"<p>A Lille, dans le Nord de la France, il y a deux fraternit\u00e9s dans des quartiers populaires. Marc, qui vit \u00e0 Lille-Sud, avec R\u00e9gis et Filip, nous parle de ses engagements et de tout ce qu&rsquo;il re\u00e7oit dans les rencontres au fil des jours.<\/p>\n<p>Les documents de pr\u00e9paration du Chapitre nous invitent \u00e0 faire le point sur nos lieux de vie, les situations dont nous nous faisons proches, la fa\u00e7on dont nos engagements et nos pr\u00e9sences nous font vivre. Je les re\u00e7ois comme une invitation \u00e0 donner des nouvelles : il y a longtemps que nous n&rsquo;avons pas \u00e9crit depuis Lille-Sud.<\/p>\n<p>Avec R\u00e9gis, nous sommes arriv\u00e9s dans le quartier de Lille-Sud en janvier 1983 : trente-six ans d\u00e9j\u00e0 ! J&rsquo;ai eu une longue p\u00e9riode d&rsquo;absence de plus de quinze ans, mais sans couper les liens avec voisins et amis, et maintenant voil\u00e0 presque dix ans que je suis revenu. Autant dire que beaucoup de liens se sont cr\u00e9\u00e9s avec le quartier, avec quelques familles en particulier qui nous ont accueillis \u00ab comme de la famille \u00bb (me permets d&rsquo;\u00e9crire \u00e7a parce que je les ai entendus se le dire entre eux &#8230;) On partage la vie avec ses grandes difficult\u00e9s et ses joies, avec ses mis\u00e8res et ses limitations et avec les quelques r\u00e9ussites. Je donne un coup de main \u00e0 plusieurs pour les papiers administratifs : Dieu sait s&rsquo;il faut en remplir et Dieu sait s&rsquo;ils sont parfois compliqu\u00e9s, avec, en plus, l&rsquo;informatisation de beaucoup de d\u00e9marches quand beaucoup de nos amis n&rsquo;ont pas acc\u00e8s \u00e0 ces techniques&#8230;<\/p>\n<p>Mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression que ce dont les gens ont le plus besoin, ce n&rsquo;est pas d&rsquo;abord de ce genre de services, mais c&rsquo;est de l&rsquo;attention et de l&rsquo;amiti\u00e9. Chacun attend un peu d&rsquo;\u00e9coute, de consid\u00e9ration sans jugement ; se sentir aim\u00e9 et respect\u00e9 sans condition. C&rsquo;est parfois exigeant et il faudrait \u00eatre disponible 24 heures sur 24, mais \u00e7a me touche beaucoup de sentir la confiance qui grandit. Et ce qui me touche plus encore, ce sont les fruits de cette confiance et en particulier l&rsquo;attitude de v\u00e9rit\u00e9. En disant cela, je pense par exemple \u00e0 un de nos jeunes amis : \u00ab\u00a0on l&rsquo;a vu naitre\u00a0\u00bb il y a 34 ans, c&rsquo;\u00e9tait le fils de nos voisins imm\u00e9diats. Il y a deux ans, on l&rsquo;a accompagn\u00e9, soutenu et visit\u00e9 quand il a fait une cure de d\u00e9sintoxication alcoolique. Quelques mois plus tard, je le trouve dans la rue avec deux autres amis. On bavarde ensemble un moment, puis il dit aux autres : \u00ab Allez-y ! Moi, je reste l\u00e0, il faut que je parle avec Marc \u00bb. Et quand on est seuls, il me dit : \u00ab Tu sais, j&rsquo;ai recommenc\u00e9 \u00e0 boire &#8230; \u00bb J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s touch\u00e9 par ce d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre vrai, ce courage \u00e0 apparaitre en face de l&rsquo;autre tel que je suis, sans cacher mes limites. Il exprimait comme une sorte de crainte : que l&rsquo;autre n&rsquo;aille surtout pas me juger meilleur que je suis ! (l&rsquo;exact oppos\u00e9 de la crainte habituelle &#8230;). Il ne voulait pas que j&rsquo;apprenne sa rechute par d&rsquo;autres mais il savait bien que, s&rsquo;il me la confiait, cela n&rsquo;al lait pas casser l&rsquo;amiti\u00e9 ni la confiance et que je resterais \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Et il m&rsquo;a donn\u00e9 une sacr\u00e9e : elle est o\u00f9 ma confiance \u00e0 moi ? moi qui n&rsquo;ai aucune envie que les autres d\u00e9couvrent mes limites et mes failles et qui fais tout pour les cacher &#8230;<\/p>\n<p>On a la chance d&rsquo;\u00eatre dans une \u00c9glise locale qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s marqu\u00e9e par la mission ouvri\u00e8re. On a des liens &#8211; surtout les fr\u00e8res de l&rsquo;autre fraternit\u00e9 &#8211; avec plusieurs groupes et communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes dont les membres, tr\u00e8s engag\u00e9s, sont vraiment des gens de nos quartiers populaires : ils en ont le style, le langage et les richesses aussi. Mais dans un contexte marqu\u00e9 par une forte \u00ab\u00a0d\u00e9christianisation\u00a0\u00bb et par une pr\u00e9sence importante de croyants musulmans, c&rsquo;est une \u00c9glise tr\u00e8s minoritaire et tr\u00e8s petite. D&rsquo;o\u00f9 la difficult\u00e9 \u00e0 assumer un certain nombre de services vitaux et la n\u00e9cessit\u00e9 de faire appel \u00e0 toutes les \u00ab\u00a0bonnes volont\u00e9s\u00a0\u00bb. C&rsquo;est dans ce cadre que la demande nous avait \u00e9t\u00e9 faite, il y a quelques ann\u00e9es, \u00e0 cause de notre \u00ab\u00a0connaissance du milieu\u00a0\u00bb, de participer \u00e0 l&rsquo;accompagnement des cat\u00e9chum\u00e8nes : on en a parl\u00e9 entre nous et j&rsquo;ai accept\u00e9 de faire partie d&rsquo;une \u00e9quipe. Une fois par mois, avec Myriam, une m\u00e8re de famille, nous retrouvons deux ou trois adultes qui se pr\u00e9parent au bapt\u00eame. C&rsquo;est un cheminement qui dure environ deux ans. Je ne connaissais rien \u00e0 ce type d&rsquo;accompagnement et j&rsquo;ai eu la chance de suivre une formation assur\u00e9e par le service du cat\u00e9chum\u00e9nat. Les personnes qu&rsquo;on a accompagn\u00e9es jusqu&rsquo;ici \u00e9tait surtout des femmes, entre 20 et 50 ans, souvent avec une histoire personnelle difficile. Je suis toujours frapp\u00e9 par la fra\u00eecheur de leur d\u00e9couverte et cette sorte de \u00ab soif \u00bb et d&rsquo;attente vive qui les anime.<\/p>\n<p>On utilise des fiches de travail intitul\u00e9es \u00ab Rencontres avec J\u00e9sus le Christ \u00bb, construites autour de passages de l&rsquo;\u00e9vangile ou des personnes rencontrent J\u00e9sus; et on d\u00e9couvre ensemble le \u00ab style \u00bb de J\u00e9sus, sa mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre et d&rsquo;agir et le visage de Dieu qu&rsquo;il nous propose ; c&rsquo;est aussi une fa\u00e7on de d\u00e9couvrir qu&rsquo;\u00eatre chr\u00e9tien, ce n&rsquo;est pas d&rsquo;abord \u00ab\u00a0ingurgiter\u00a0\u00bb un corps de doctrines, c&rsquo;est avant tout rencontrer quelqu&rsquo;un de vivant, en acceptant de se laisser bousculer et changer par cette rencontre.<br \/>\nCe qui m&rsquo;a peut-\u00eatre le plus marqu\u00e9 au fil des ans, c&rsquo;est de toucher du doigt combien, pour beaucoup, la question du pardon est centrale. Je me souviens de cette jeune femme qui nous disait, apr\u00e8s qu&rsquo;on avait abord\u00e9 ce th\u00e8me : \u00ab Je crois que ma route vers le bapt\u00eame, pour les mois qui restent, doit \u00eatre une route de pardon, \u00e0 donner et \u00e0 recevoir ; \u00e7a va \u00eatre difficile mais je ne peux pas passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et je me rappelle une nouvelle baptis\u00e9e, camerounaise, improvisant dans l&rsquo;\u00e9glise une danse enthousiaste, \u00e0 la fin de la veill\u00e9e pascale, pour exprimer sa joie avec toutes les fibres de son \u00eatre, entrainant avec elles sa famille et ses amis et bient\u00f4t une bonne partie de l&rsquo;assistance.<\/p>\n<p>A la paroisse, j&rsquo;ai aussi accept\u00e9 un autre service, celui du \u00ab journal paroissial \u00bb, bien grand mot pour une revue de 16 pages qui parait trois fois par an. C&rsquo;est un journal gratuit, distribu\u00e9 par un bataillon de b\u00e9n\u00e9voles dans plus de 6500 boites aux lettres du quartier. Dans la charte, il y a une phrase que j&rsquo;aime bien (et que je cite \u00e0 toutes les r\u00e9unions de travail de \u00a0\u00bb l&rsquo;\u00e9quipe de r\u00e9daction\u00a0\u00bb ! &#8230;) : \u00ab Nous voulons un journal qui offre aux habitants de Lille-Sud un regard chr\u00e9tien sur le monde (et non exclusivement un regard sur le monde chr\u00e9tien).\u00a0\u00bb Et la charte explique comment faire : en parlant des richesses du quartier (le travail des associations, les solidarit\u00e9s, les projets communs, le \u00ab\u00a0vivre ensemble\u00a0\u00bb, etc.) ; par des interviews, pour faire parler ceux qui n&rsquo;ont pas souvent la parole ; en essayant de faire deviner que la vie n&rsquo;est pas \u00ab\u00a0banale\u00a0\u00bb mais pleine de sens. Beau programme, direz-vous, mais je crois pouvoir dire, modestement, qu&rsquo;on le remplit assez bien. Pour moi en tout cas, m\u00eame si \u00e7a m&rsquo;occupe beaucoup les semaines avant chaque parution, c&rsquo;est avant tout une vraie chance de rencontres.<\/p>\n<p>Notre quartier a une mauvaise r\u00e9putation, c&rsquo;est pourtant un quartier plein de vie ou le tissu associatif est tr\u00e8s dense. Toutes sortes d&rsquo;associations : les clubs de sports bien s\u00fbr, le soutien scolaire, la promotion f\u00e9minine, et des choses inattendues mais tout aussi g\u00e9niales comme La cravate solidaire, une association qui aide les gens \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 des entretiens d&#8217;embauche : simulation d&rsquo;entretiens et conseils, choix de v\u00eatements gratuits (fournis par des boutiques) pour \u00eatre digne et bien se pr\u00e9senter, photo d&rsquo;identit\u00e9 pour le CV, tout y est, y compris un suivi des personnes avec qui les b\u00e9n\u00e9voles gardent le contact pendant quelques mois.<\/p>\n<p>Grace au journal, j&rsquo;ai ainsi eu l&rsquo;occasion de rencontrer des personnes tr\u00e8s engag\u00e9es au service de la vie du quartier. Quelle richesse ! Avec certaines, on a l&rsquo;occasion de se revoir, lors de f\u00eates ou de r\u00e9unions du quartier, et c&rsquo;est toujours une joie. Je pense, entre autres, \u00e0 un animateur du quartier que j&rsquo;avais interview\u00e9 \u00e0 propos de deux films remarquables qu&rsquo;il avait r\u00e9alis\u00e9s. On aime se revoir, et le dialogue continue, comme en t\u00e9moigne ce texto qu&rsquo;il m&rsquo;a envoy\u00e9 en me souhaitant une bonne ann\u00e9e : \u00ab Les temps ont toujours \u00e9t\u00e9 durs dans ce monde, mais, \u00e0 notre \u00e9poque, il nous manque des personnes ressources qui emploient des vrais mots avec du sens derri\u00e8re &#8230; \u00bb : c&rsquo;est ce qu&rsquo;il essaye de vivre dans ses activit\u00e9s avec les jeunes.<\/p>\n<p>J&rsquo;aimerais terminer en vous parlant d&rsquo;un autre lieu o\u00f9 je suis pr\u00e9sent avec R\u00e9gis. C&rsquo;est un collectif qui s&rsquo;appelle \u00ab M\u00e9moire-Fraternit\u00e9 \u00bb (M\u00e9moire aux d\u00e9funts-Fraternit\u00e9 aux vivants). Dans ce collectif, il y a des associations, qui sont toutes au service des personnes en grande pr\u00e9carit\u00e9. Et puis il y a un groupe, celui dont nous faisons partie, qui assure une pr\u00e9sence fraternelle lors des enterrements des personnes sans ressources.<\/p>\n<p>En France, la loi oblige les mairies \u00e0 prendre en charge les fun\u00e9railles des personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es sur leur territoire et qui n&rsquo;ont pas &#8211; ni leur famille proche &#8211; les ressources suffisantes pour assurer leur s\u00e9pulture. Autrefois, \u00e0 Lille, ces enterrements avaient lieu en vitesse, au petit matin, le plus souvent sans accompagnants et les personnes \u00e9taient enterr\u00e9es dans ce qu&rsquo;on appelait \u00ab le carr\u00e9 des indigents \u00bb. Il y pr\u00e8s de 25 ans qu&rsquo;un groupe de personnes a d\u00e9cid\u00e9 de mettre sur pieds ce collectif, avec cette simple r\u00e9action d&rsquo;humanit\u00e9 : \u00ab On n&rsquo;enterre pas un \u00eatre humain comme un chien \u00bb. Des accords ont \u00e9t\u00e9 conclus avec la mairie et les services des Pompes fun\u00e8bres, si bien que, chaque fois qu&rsquo;une personne est prise en charge par ce programme, nous sommes pr\u00e9venus ; et un petit groupe, ceux qui peuvent se lib\u00e9rer, assure une pr\u00e9sence et une petite c\u00e9l\u00e9bration d&rsquo;adieu \u00e0 celui ou celle qui s&rsquo;en va. M\u00eame si la plupart des participants sont des chr\u00e9tiens (catholiques et protestants), la c\u00e9l\u00e9bration est une c\u00e9l\u00e9bration \u00ab\u00a0la\u00efque\u201d, de \u00ab\u00a0fraternit\u00e9 r\u00e9publicaine\u00a0\u00bb, sauf si des proches de la personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e ont demand\u00e9 qu&rsquo;il y ait une pri\u00e8re. Les \u00ab\u00a0anciens\u00a0\u00bb du collectif ont remarqu\u00e9 une \u00e9volution : autrefois, il s&rsquo;agissait beaucoup de personnes isol\u00e9es, parfois vivant \u00e0 la rue. Maintenant il y a de plus en plus de personnes en lien avec leur famille ou bien ins\u00e9r\u00e9es dans leur quartier mais sans ressources suffisantes. Signe d&rsquo;un appauvrissement de la soci\u00e9t\u00e9 ? Les derni\u00e8res ann\u00e9es, il y a eu, chaque ann\u00e9e, une quarantaine d&rsquo;enterrements pris en charge par ce programme.<\/p>\n<p>Je fais partie de la petite \u00e9quipe qui assure la c\u00e9l\u00e9bration aupr\u00e8s de la tombe : il s&rsquo;agit de faire un petit \u00ab\u00a0discours\u00a0\u00bb donnant quelques d\u00e9tails de la vie de la personne qu&rsquo;on enterre (si on a pu avoir un contact avec de la famille ou des services sociaux qui la suivaient) et rappelant le sens de la d\u00e9marche. Puis il y a une minute de silence, la lecture d&rsquo;un po\u00e8me, et chacun des participants s&rsquo;incline devant la tombe en y d\u00e9posant quelques fleurs. Souvent, je cite l\u2019article 1er de la D\u00e9claration universelle des droits de l&rsquo;homme : \u00ab Tous les \u00eatres humains naissent libres et \u00e9gaux en dignit\u00e9 et en droits [&#8230;] lis doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>J&rsquo;avoue que je suis toujours tr\u00e8s remu\u00e9 quand nous accompagnons quelqu&rsquo;un d&rsquo;absolument seul : comment est-ce possible que quelqu&rsquo;un meure et qu&rsquo;il n&rsquo;y ait personne \u00e0 qui il (ou elle) manque ? Il nous est arriv\u00e9 d&rsquo;accompagner des personnes dont on savait seulement si c&rsquo;\u00e9tait un homme ou une femme : pas de papiers d&rsquo;identit\u00e9 sur eux et personne pour signaler la disparition. Vraiment seul (ou seule) au monde ! &#8230; Je crois que chacun des membres de notre groupe a tr\u00e8s fortement ancr\u00e9e en lui (en el le) cette certitude que c&rsquo;est un devoir d&rsquo;\u00eatre l\u00e0 pour t\u00e9moigner simplement de notre humanit\u00e9 commune et de notre fraternit\u00e9. Et j&rsquo;admire ce vieux monsieur de 92 ans, qui vient d&rsquo;un autre quartier de Lille, qui marche avec deux cannes et fait \u00e0 pied le dernier kilom\u00e8tre, simplement pour poser ce geste de fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>Il faut dire qu\u2019il y a aussi parfois des belles choses : je me sou viens de l&rsquo;enterrement d&rsquo;un homme qui logeait dans un foyer d&rsquo;h\u00e9bergement pour personnes vivant \u00e0 la rue. \u00c0 l&rsquo;enterrement de cet homme, des animateurs du foyer \u00e9taient pr\u00e9sents et aussi un bon copain du d\u00e9funt. Au moment de s&rsquo;incliner devant la tombe, cet ami a pris la parole : \u00ab Pourquoi tu m&rsquo;as laiss\u00e9 ? C&rsquo;est moi qui aurais d\u00fb partir. Mais attends un peu : la, j&rsquo;ai plus un sou, mais laisse-moi toucher mon RSA (allocation minimale de solidarit\u00e9, vers\u00e9e par l&rsquo;\u00e9tat aux personnes qui n&rsquo;ont pas de revenus ou des revenus tr\u00e8s faibles) et je vais venir ici avec une bonne bi\u00e8re et je la boirai \u00e0 ta sant\u00e9 \u00bb. On peut sourire, mais il avait mis dans ce message, avec ses mots a lui, tout son c\u0153ur et toute son amiti\u00e9 pour son copain. On avait envie d&rsquo;applaudir<\/p>\n<p>J&rsquo;ai \u00e9crit un jour pour le journal paroissial un article intitul\u00e9 : \u00ab Tu sais quoi ? Je crois bien que Dieu habite notre quartier ! \u00bb. Je voulais simplement vous partager aujourd&rsquo;hui quelques lieux ou cette conviction se nourrit. Et je n&rsquo;ai pas fini de dire merci \u00e0 ceux et celles qui me font d\u00e9couvrir sa pr\u00e9sence &#8230;<\/p>\n<p>A la prochaine !<\/p>\n<p>Marc<\/p>\n<p>PDF: <a href=\"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Ce-que-japprends-de-mes-voisins.-Marc-HAYET.pdf\">Ce que j&rsquo;apprends de mes voisins. Marc HAYET<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A Lille, dans le Nord de la France, il y a deux fraternit\u00e9s dans des quartiers populaires. Marc, qui vit \u00e0 Lille-Sud, avec R\u00e9gis et Filip, nous parle de ses <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/documentos\/lo-que-aprendo-de-mis-vecinos-marc-hayet\/\">Continue Reading &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[78],"tags":[],"class_list":["post-4135","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-documentos"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4135"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4135\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4138,"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4135\/revisions\/4138"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}