{"id":3313,"date":"2018-06-23T10:54:11","date_gmt":"2018-06-23T08:54:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/?p=3313"},"modified":"2018-06-24T11:01:45","modified_gmt":"2018-06-24T09:01:45","slug":"charles-de-foucauld-et-les-peres-blancs-philippe-thiriez-pb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/fr\/documentos\/charles-de-foucauld-et-les-peres-blancs-philippe-thiriez-pb\/","title":{"rendered":"Charles de FOUCAULD et les P\u00e9res Blancs. Philippe THIRIEZ, pb"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le P\u00e8re Philippe Thiriez est P\u00e8re blanc depuis 1950\u00a0; il a pass\u00e9 30 ans en Alg\u00e9rie, dont 6 au Sahara, et 9 ans au Proche-Orient. Sa fonction d\u2019assistant de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Laghouat, Mgr Gagon, l\u2019a conduit r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 El Golea, \u00e0 Beni Abb\u00e8s, \u00e0 Tamanrasset et \u00e0 l\u2019Assekrem. En 1994, il a publi\u00e9 un ouvrage sur Charles de Foucauld \u00e0 Nazareth, et en 1998, \u00ab\u00a0Correspondances sahariennes\u00a0\u00bb (en collaboration avec Antoine Chatelard). En 2005, il publie \u00ab\u00a0Lettres \u00e0 sa s\u0153ur, Marie de Blic\u00a0\u00bb (Editions Le Livre Ouvert) ainsi que l\u2019article ci-dessous, dans la revue des P\u00e8res Blancs \u00ab\u00a0Le petit Echo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;acte de d\u00e9c\u00e8s du P. de Foucauld, transcrit en mai 1917 par le Capitaine de la Ro\u00adche porte mention \u00ab du nomm\u00e9 de Foucauld Charles, profession de P\u00e8re Blanc, n\u00e9 en 1858 \u00e0 -Strasbourg, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 vers le 1\u00b0 d\u00e9cembre 1916 et inhum\u00e9 \u00e0 Tamanghasset \u00bb . Pour\u00adtant dans une lettre du 8 mars 1908 \u00e0 sa soeur Marie de Bk, \u00e9voquant le cher et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 P. Gu\u00e9rin, il pr\u00e9cise : ce n&rsquo;est pas mon directeur et je ne suis pas P\u00e8re Blanc ; il est \u00e9v\u00eaque du dioc\u00e8se o\u00f9 je me trouve et me comble de bont\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ch. de Foucauld ne connaissait pas les P\u00e8res Blancs avant de d\u00e9barquer \u00e0 Alger le 10 septembre 1901. Tout juste ordonn\u00e9, il avait propos\u00e9 ses services \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque du Sahara , par l&rsquo;entremise de Mgr Livinhac (en 1889, successeur du Cardinal Lavigerie comme Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 des Missionnaires d\u2019Afrique).,C&rsquo;est le tout jeune Pr\u00e9fet Apostolique, Charles Gu\u00e9rin, 29 ans, qui vint l&rsquo;accueillir au bateau avec le prieur de la Trappe de Staou\u00e9li . Il devait mourir du ty\u00adphus avant lui, le 19 mars 1910, \u00e0 38 ans. C&rsquo;est le P. Henri Bardou, alors sup\u00e9rieur \u00e0 Ouargla, qui occupera ce poste de janvier 1911 \u00e0 1916. Lui et le Fr. Charles se rencontr\u00e8rent en 1913 \u00e0 Tilremt, entre Ghardaia et Laghouat, dans un bordj qui existe encore . Apr\u00e8s lui, c&rsquo;est Mgr Gustave Nouet qui fera le transfert \u00e0 El Gol\u00e9a en 1929 des restes du Fr. Charles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s les massacres des deux caravanes P.B. et de la mission Flatters (en 1876 et 1881), les trois postes de Ghardaia, Ouargla et El Gol\u00e9a avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9occup\u00e9s en 1884. Ce sont les diaires de ces postes qui nous parlent avec \u00e9motion des passages de l&rsquo;ermite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant son s\u00e9jour \u00e0 Beni-Abb\u00e8s (1901-1904), il fut log\u00e9 \u00e0 Maison-Carr\u00e9e, lors de son arriv\u00e9e, re\u00e7ut \u00e0 la Pentec\u00f4te 1903 la visite de son \u00e9v\u00eaque, et fit retraite durant six semaines (11 nov. au 26 d\u00e9cembre 2004) chez les P\u00e8res de Ghar\u00adda\u00efa qu&rsquo;il \u00e9difia par son aust\u00e9rit\u00e9 et sa vie de pri\u00e8re).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mgr Gu\u00e9rin \u00e9voque sa visite de Pentec\u00f4te : Il nous fut bien doux de vivre quelques jours dans l&rsquo;intimit\u00e9 de ce vrai pr\u00eatre qui poss\u00e8de si parfaitement l&rsquo;esprit de J\u00e9sus. Non moins doux de constater la gloire que retire J\u00e9sus de la saintet\u00e9 de son humble ministre: aupr\u00e8s des Europ\u00e9ens, officiers et soldats, comme aupr\u00e8s des indig\u00e8nes, nous n&rsquo;avons saisi qu&rsquo;un m\u00eame \u00e9cho de respectueuse admiration et de religieuse v\u00e9n\u00e9ration pour le cher et pauvre solitaire qui, par son oubli de lui-m\u00eame, son in\u00e9puisable g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et aussi sa tr\u00e8s constante amabilit\u00e9 gagne du premier coup tous les c\u0153urs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les P\u00e8res de Gharda\u00efa notent : Les desseins du Fr. Charles de J\u00e9sus \u00e9taient de venir prendre, durant quelques semaines, le repos physique et surtout moral, dont il sentait si fort le besoin apr\u00e8s une existence si oppos\u00e9e aux d\u00e9sirs de son \u00e2me assoiff\u00e9e de silence et de recueil\u00adlement. Il venait aussi rendre compte au Chef de Mission des r\u00e9sultats de son voyage et pren\u00addre ses ordres pour l&rsquo;avenir avec une humilit\u00e9 touchante. Il fut r\u00e9solu qu&rsquo;il resterait \u00e0 Ghar\u00adda\u00efa au moins jusqu&rsquo;\u00e0 No\u00ebl. Pendant les premiers jours, il se joignit \u00e0 la Communaut\u00e9 avec la plus grande simplicit\u00e9 et de la mani\u00e8re la plus aimable, nous int\u00e9ressant beaucoup, tant par tout ce qu&rsquo;il nous racontait de son r\u00e9cent voyage et des Touaregs que par les souvenirs plus anciens de son voyage au Maroc. Puis, \u00e0 partir de l&rsquo;Avent, il demanda \u00e0 entrer en retraite, et jusqu&rsquo;\u00e0 No\u00ebl nous ne le v\u00eemes plus gu\u00e8re sortir de sa chambre que pour aller passer de longues heures \u00e0 la chapelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il aurait aim\u00e9 trouver un compagnon chez les P. Blancs. Ceux auxquels il songeait, le P. Pierre Richard et le P. Camille de Chatouville, ne purent se lib\u00e9rer. Quant au Fr. Gilles (Michel Goyat), il le renvoya au bout de trois mois, le jugeant inapte \u00e0 sa mission .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est finalement \u00e0 Maison-Carr\u00e9e qu&rsquo;il s\u00e9journa le plus souvent : dix jours en sep\u00adtembre 1901, douze en novembre 1906 (pour y prendre le Fr. Gilles) et, \u00e0 l&rsquo;aller et au retour, lors de ses trois s\u00e9jours en France : en 1909, en 1911, et en 1913, accompagn\u00e9 d&rsquo;un jeune targui ; Il venait alors de Tamanrasset par El-Gol\u00e9a et prenait \u00e0 Ghardaia la diligence puis l&rsquo;autobus pour Alger. Sauf en 1911 o\u00f9 il passa par Beni-Abb\u00e8s et B\u00e9char (d&rsquo;o\u00f9 il prit le train pour Perregaux et Alger).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;abord intimid\u00e9 en 1901 par ces vieilles barbes, il s&rsquo;y sentit vite chez lui. Il \u00e9tait heureux, quand c&rsquo;\u00e9tait possible, de voir ses correspondants : Mgr Livinhac et Mgr Gu\u00e9rie, les -PP. Marchai et Voillard (celui-ci devint en 1911 son conseiller, apr\u00e8s la mort de l&rsquo;abb\u00e9 Huve\u00adlin en juillet 1910). C&rsquo;est l&rsquo;imprimerie de Maison-Carr\u00e9e qui publia d\u00e8s 1918 Le P. Charles de J\u00e9sus, vicomte de Foucauld et en 1927 les Articles du Proc\u00e8s de l&rsquo;Ordinaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le diaire note au 8 d\u00e9c. 1906 : Le P. de Foucauld (Charles de J\u00e9sus) qui a fait suc\u00adcessivement des conf\u00e9rences au Noviciat de Sainte-Marie, au Sanatorium, aux Fr\u00e8res, parle aujourd&rsquo;hui du Maroc aux P\u00e8res de la Maison-M\u00e8re. Conf\u00e9rence fort int\u00e9ressante o\u00f9 parais\u00adsent tour \u00e0 tour et la comp\u00e9tence de l&rsquo;ancien officier et l&rsquo;humilit\u00e9 du religieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis en 1909: Il nous donna les plus int\u00e9ressants d\u00e9tails sur toute la r\u00e9gion qu&rsquo;il habite, d\u00e9sormais ouverte \u00e0 l&rsquo;influence fran\u00e7aise &#8230;Le chef des Touareg Hoggar, Moussa, a fix\u00e9 sa maison \u00e0 Tamanrasset m\u00eame, aupr\u00e8s du P. de Foucauld&#8230; II a aupr\u00e8s de lui , comme khodja ou secr\u00e9taire, l&rsquo;homme qui conna\u00eet le mieux la langue tamacheq. Le P\u00e8re profite de cette circonstance pour faire de cette langue l&rsquo;\u00e9tude la plus s\u00e9rieuse&#8230; Chaque jour, ce khod\u00adja aide le cher P\u00e8re \u00e0 terminer des dictionnaires ou \u00e0 traduire en tamacheq divers passages de l&rsquo;Ancien ou du Nouveau testament. Daigne N.S. permettre qu&rsquo;un jour nos confr\u00e8res vien\u00adnent profiter de ces travaux qui leur donneront de suite les moyens d&rsquo;agir sur ces pauvres populations : c&rsquo;est l\u00e0 le grand dessein et l&rsquo;ardente pri\u00e8re du cher solitaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il parlera en 1911 de tous les P. Blancs \u00e0 l&rsquo;ombre desquels (il) vit depuis dix ans ! et qu&rsquo;il aimerait voir prendre sa suite. Il note cependant en 1905 dans son carnet les r\u00e9ticences des autorit\u00e9s militaires \u00e0 ce sujet car 1) ils ont donn\u00e9 des ennuis presque partout&#8230; 2) ils sont souvent maladroits et se m\u00ealent de ce qui ne les regarde pas&#8230;3) les enfants qui fr\u00e9quentent leurs \u00e9coles sont d&rsquo;ordinaire pires que les autres ! On ne sait s&rsquo;il partage ce point de vue ou s&rsquo;en sert pour d\u00e9cider les S. Blanches \u00e0 venir les premi\u00e8res&#8230; . Cel\u00adles-ci, install\u00e9es \u00e0 Laghouat d\u00e8s 1872 avec un pr\u00eatre d&rsquo;Alger, puis \u00e0 Gharda\u00efa o\u00f9 elles sont en 1904 une quinzaine, en charge des h\u00f4pitaux civil et militaire, le re\u00e7oivent et l&rsquo;\u00e9coutent avec d\u00e9votion. Leur sup\u00e9rieure canadienne, M\u00e8re Augustine, fut la dirig\u00e9e du Fr. Charles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un travail de recherche fut r\u00e9alis\u00e9, en 1951, au scolasticat d&rsquo;Eastview, et repris en 1978 par le P. Pierre Del\u00e9toile, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1995, sur Les P\u00e8res Blancs, t\u00e9moins de la vie mis\u00adsionnaire de Ch de Foucauld. Si l&rsquo;on y parle peu de son pass\u00e9 ni de son s\u00e9jour \u00e0 Nazareth, on admire le saint religieux et l&rsquo;ap\u00f4tre hors du commun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la nouvelle de son assassinat, les P\u00e8res de Ouargla notent : Les auteurs de ce crime abominable voulaient s&#8217;emparer de celui qui, par son incontestable influence, emp\u00ea\u00adchait les Hoggars de se soulever contre la France. La consigne \u00e9tait de remettre le P\u00e8re vi\u00advant entre les mains du grand chef des Snoussis ; mais l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une de nos patrouilles d\u00e9\u00adrangea les plans, et fit terminer le raid d&rsquo;une mani\u00e8re sanglante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9pondant en 1921 au P. Voillard, Ren\u00e9 Bazin disait : II me semble que nos contemporains ne distingueront pas entre Ch. de Foucauld et vos fr\u00e8res. Il a \u00e9t\u00e9 leur compagnon, leur ami, leur oblig\u00e9. On peut dire qu&rsquo;il est leur mod\u00e8le. Par l\u00e0, il servira la cause de la conversion des musulmans. Ses pri\u00e8res vous vaudront d&rsquo;\u00eatre un jour appel\u00e9s au secours par ceux-l\u00e0 qui vous ont si peu compris jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. Nul ne sait tout ce qu&rsquo;un saint peut faire pour continuer, invisible, les travaux commenc\u00e9s par pr\u00e9parera le bien que vous accomplirez.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Philippe THIRIEZ p.b\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PDF: <a href=\"https:\/\/www.iesuscaritas.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Charles-de-FOUCAULD-et-les-P\u00e9res-Blancs.-Philippe-THIRIEZ-pb.pdf\">Charles de FOUCAULD et les P\u00e9res Blancs. Philippe THIRIEZ, pb<\/a><\/p>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le P\u00e8re Philippe Thiriez est P\u00e8re blanc depuis 1950\u00a0; il a pass\u00e9 30 ans en Alg\u00e9rie, dont 6 au Sahara, et 9 ans au Proche-Orient. 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