Lettre de Jean-François et Aurelio, Vernon, mars 2017

Représenté

Chers Frères,

nous nous sommes rencontrés cette semaine et nous avons travaillé pour cette Fraternité Sacerdotale qui nous réunit tous. Nous avons évoqué les personnes qui sont au cœur de nos préoccupations et qui nous motivent dans ce service que nous assumons ensemble : c’est-à-dire chacun de vous.

Dans ce petit Nazareth de Vernon, dans la maison de notre frère François MARIN, qui nous accueille comme un père, nous rendons grâce à Dieu pour ces frères que vous êtes pour nous.

Merci, François, pour cette hospitalité que tu offres fraternellement à ces pèlerins que nous sommes.

Ce travail a été centré sur la relecture de la vie de nos fraternités.

Nous avons dialogué et partagé nos opinions et nos préoccupations pour tenter d’apporter une réponse aux questions qui concernent la vie de notre Fraternité dans un proche avenir :

  • L’Assemblée des fraternités d’Europe cet été en Pologne
  • L’Assemblée mondiale à Bangalore en Inde en Janvier 2019
  • Les finances de notre équipe internationale
  • Le Bilan de nos activités en 2016 à envoyer à la Congrégation du Clergé au Vatican
  • Le lancement de la fraternité en Haïti
  • Le projet de rencontre des responsables des différentes branches de la famille spirituelle de Charles de FOUCAULD en Avril 2017 à Aix la Chapelle.
  • Les échos de l’année du centenaire de la mort du bienheureux Charles de FOUCAULD qui nous parviennent de différents pays
  • Notre souci pour la santé de Félix notre frère de Madagascar
  • Notre joie de voir le rétablissement et la sortie de l’hôpital de Suso de la fraternité de Madrid, Espagne, après son intervention chirurgicale…

Lundi, 6 mars, nous avons eu un échange avec les responsables de la région Île de France et Normandie (Yves de MALLMANN, Joseph JOURJON, Louis YON et Xavier CHAVANE)

Ce fut bon de nous rassembler pour mettre en commun les réalités de la vie et les soucis de nos fraternités.

Nous reconnaissons que nous avons un « passage » à vivre dans les fraternités d’Europe qui avancent en âge, comme un vrai temps de « Nazareth ».

Il y a un appel vigoureux à vivre ce passage avec espérance, en vivant avec amour ce temps du vieillissement, dans la spiritualité de Nazareth, en constatant aussi avec réalisme le peu d’entrées de jeunes dans nos fraternités.

Nous avons à vivre ce temps avec simplicité et dans la fidélité à témoigner jusqu’au bout de cette foi qui nous anime, dans cette Europe qui a tendance à se replier sur elle-même, dans le refus d’accueillir les étrangers et les réfugiés et dans ces peurs qui se traduisent par la montée des mouvements populistes et réactionnaires.

Avant tout, dans la ligne du Pape François, nous sommes appelés à manifester par notre vie cette fraternité universelle que nous lègue le Frère Charles et le caractère missionnaire du charisme de notre fraternité sacerdotale Jesus Caritas.

Le dialogue avec les musulmans en Europe, nous croyons que c’est possible !

Et c’est ce que nous vivons dans plusieurs communautés chrétiennes, avec des actions concrètes de rencontres et de rapprochement.

Les préjugés et les tentations de voir en l’autre une menace doivent peu à peu tomber.

Par exemple, en France, dans certains quartiers populaires, un tiers des habitants sont de confession musulmane.

Nous devons apprendre à vivre et à dialoguer avec cette réalité telle qu’elle se présente.

Le Mardi, 7 Mars, nous avons reçu, dans le logement de Jean-François, la visite de Jacques GAILLOT, évêque de Partenia, membre de notre fraternité.

Il est venu de Paris pour partager notre travail.

Ce temps vécu avec lui depuis son arrivée à la gare de Vernon jusqu’à son départ a été un vrai cadeau.

Dans cet échange, nous avons profité de sa sagesse pour approfondir comment être prêtre dans ce monde difficile, comment rester ouverts à l’espérance et être prêts à nous libérer de nos sécurités et de notre confort d’occidentaux…

Merci, Jacques, d’être venu jusqu’à nous et d’avoir partagé le témoignage de ta vie donnée à cause de Jésus.

Mercredi, 8 Mars, dans l’après-midi, nous sommes allés rejoindre Michel PINCHON au presbytère de Gouville. Nous l’avons trouvé fort et en bonne santé. Nous avons constaté que sa maison reste ouverte à de nombreuses visites de personnes de son village et de plus loin et qu’il partage avec générosité son expérience et sa sagesse. Nous avons partagé à Damville, le repas du soir avec Jean-Louis Rattier, membre de la fraternité avec Jean-François, et nous avons participé à une rencontre de réflexion sur la parole de Dieu, avec les gens de sa paroisse, partageant ainsi son expérience pastorale au quotidien. C’est toujours une grâce de participer ainsi à l’expérience vivante de Nazareth dans une communauté chrétienne avec un frère de la Fraternité, dans l’écoute de la vie des chrétiens et dans leur communion avec le Christ.

Nous avons aussi apprécié le travail de Fernando TAPIA, de Jean-Michel BORTHEIRIE et de Manuel POZO à Almeria en Espagne, pour réaliser un document sur le « Mois de Nazareth ».

Ce document sera étudié et approuvé lors de l’assemblée de Bangalore.

Merci à ces frères d’avoir ainsi répondu à la demande de l’équipe internationale.

Nous rappelons également que nous comptons sur la contribution de toutes les régions pour alimenter le budget de l’équipe internationale en particulier dans la perspective de l’Assemblée mondiale de Bangalore en janvier 2019.

Pour ce qui la concerne, l’équipe internationale vise à promouvoir cette rencontre au moindre prix.

Grand merci à toutes les fraternités qui ont déjà apporté leur contribution avec générosité. Notre site iesuscaritas.org est ouvert à la collaboration de toutes les fraternités. Nous espérons que vos articles, les nouvelles et les annonces d’événements à venir pour leur annoncer dans la agenda. C’est un moyen qui nous rapproche mutuellement.

Nous gardons le souci que nos fraternités soient des lieux où nous apprenons ensemble à être des missionnaires au sein de nos presbyteriums diocésains.

Dans ces lieux où nous nous trouvons (paroisses, hôpitaux, prisons, présence et accueil des étrangers chassés de leurs pays par la guerre ou la pauvreté, lieux de solidarité avec les plus démunis de nos sociétés…) gardons toujours à l’esprit l’appel du Frère Charles de rejoindre « les derniers ». Car c’est avec eux que nous rencontrons le Christ.

Il n’y a pas de vie spirituelle sans un cœur ouvert, généreux et miséricordieux.

Comme nous y invite avec force le Pape François :

« Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ…Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie sur les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités… Plus que la peur de se tromper, j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans une fausse protection, dans des normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que dehors, il y a une multitude affamée et jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » (Mc.6,37) » (La joie de l’Évangile N°49)

Depuis Vernon, nous vous souhaitons un saint Carême, une belle route vers Pâques, avec Jésus et vos frères et sœurs, comme compagnons de route…

Jean-François et Aurelio

Vernon, Normandie, France, 10 mars 2017

PDF: Lettre de Jean-François et Aurelio, Vernon, mars 2017, fr

WEND BE NE DO, un projet né au sein des Fraternités

Représenté

WEND BE NE DO est né d’un esprit uni entre le Burkina Faso et l’Espagne à travers les fraternités de Charles de FOUCAULD. Le fait d’aller auprès des plus defavorisés, d’être avec eux, de travailler pour eux , de nous situer à la périphérie d’un monde aisé où nous vivons quotidiennement, constitue un défi que la Fondation Tienda Asilo de San Pedro de Carthagène a pris sérieusement dès l’an 2005 et , en même temps ce défi a été aussi pris par toutes les personnes, organisations, institutions et paroisses qui nous ont aidé et nous aident encore à continuer avec un projet qui rend amoureux, qui nous fait sentir que cela vaut la peine de travailler pour les gens du Burkina Faso et spécialement pour les enfants, les adolescents , les jeunes et les adultes de WBND dans le domaine de Bam, touchés par le VIH-sida. On a constaté que le projet s’élargit, qu’il grandit, que les personnes vont mieux, que c’est comme une grande famille où personne n’est exclue. C’est un espace humain où on n’est pas étranger, bien que notre peau nous trahisse en nous montrant comme des occidentaux.

PDF: Rapport WBND Janvier 2017, fr

ÎLE DE LESBOS, REFUGE DE L’ESPOIR. Carlos LLANO

Représenté

Carlos LLANO est sportif, économiste , fondateur de l’ONG Childhood Smile , bénévole et collaborateur de la Fondation Tienda Asilo de San Pedro de Cartagena, en Espagne, dans le projet WEND BE NE DO de Burkina Faso. Il a travaillé comme bénévole dans l’île de Lesbos , en Grèce, avec les réfugiés. Nous présentons ici son précieux témoignage. Merci, Carlos.

Nous vivons si vite et si attachés à nos besoins mondains du premier monde que , si nous étions capables d’en prendre distance et de nous observer attentivement, nous sentirions du refus pour nous mêmes. Le monde a de gros problèmes à résoudre : on calcule qu’il y a 300.000 enfants soldats et qu’en 2016 il y a déjà 5.000 réfugiés et immigrants qui sont morts noyés dans la Méditerranée, mais en général nous sommes plus préoccupés par nos problèmes minuscules du premier monde que par ce qui puisse arriver hors de nos frontières, si terrible que ce soit. On voit tout cela si lointain qu’on pense qu’on ne peut pas faire grande chose et on finit par ne rien faire. On ne résout pas les problèmes du monde en les acceptant avec résignation ou indifférence, ou bien en accusant les gouvernements . Les problèmes du monde sont à moi , à toi, à nous. On change le monde en contaminant et en inspirant les comportements avec le nôtre de tous les jours. Si je ne veux pas voir un seul noyé de plus, je ne peux prendre qu’une décision ferme: aller là pour apporter mon petit grain de sable , qui , si petit qu’il soit, sera énorme, si on le compare avec l’inaction ou les centaines de messages qu’on peut publier sur les murs de nos réseaux sociaux . Lesbos est une petite île grecque au milieu de la Mer Égée très proche des côtes de la Turquie. On y trouve deux camps de réfugiés: Karatepe, qui garde encore une certaine dignité, et où on trouve des familles complètes, principalement de la Syrie, mais il pourrait y en avoir même de la République Dominicaine. Oui , j’ai bien dit de la République Dominicaine. Quand on n’a rien, on risque même sa vie, parce qu’on n’a rien à perdre, rien que la vie elle-même, et le désespoir peut arriver à être tel que même la vie n’a aucune valeur.

À Karatepe chaque famille a sa propre tente d’Acnur, ils ont des couvertures, des matelas, et les bénévoles de Remar sont chargés de leur apporter deux repas par jour jusqu’à la porte même de leur tente. Les enfants jouent dans le « lotissement » de tentes , et l’espoir d’une vie meilleure semble ne pas être perdu complètement .

L’autre camp de réfugiés c’est Moria. Une ancienne prison , qui peut héberger 2.000 personnes, mais où on en trouve entassées plus de 5.000 dans des tentes de Decathlon qui flottent quand il pleut et que la boue tombe par le terre-plein. La tension est évidente et on la sent dès que l’on traverse ces hautes clôtures pleines de fers barbelés. Ici il n’y a pas de familles , il y a beaucoup de jeunes hommes , et quelques femmes avec leurs petits enfants, chacun ayant un pays , une langue, une culture et des habitudes différents. Des jeunes hommes de Nigeria qui s’enfuient parce que Boko Haram tue, séquestre et torture n’importe qui. Des adolescents du Pakistan qui ne veulent pas continuer à vivre dans un pays où l’Isis arrive à une bourgade pour égorger toutes les femmes et tirer sur tous les hommes jusqu’à laisser le lieu sans aucune trace de vie.

Ce sont de vraies histoires qu’on m’a racontées quand j’aidais pendant des heures à faire la tâche banale de couper des kilos et des kilos de pommes de terre pour pouvoir donner à manger à ces milliers de jeunes hommes, de femmes et d’enfants unis par le désespoir de ne pas voir d’issue au bout du tunnel, de voir que les autorités les ont oubliés et qu’ au fur et à mesure que le temps passe leur souvenir s’efface dans nos pensées. La deshumanisation est telle que les mafias ont fait de ce problème une bonne affaire où elles font payer de 3.000 à 5.000 euros par personne pour un canot sans aucune securité et avec du surpoids. Elles entassent de plus en plus de personnes sans espace pour bouger dans un endroit où les personnes ne peuvent emporter aucun bagage, puisque cela enleverait de la place pour un autre réfugié à qui on pourrait faire payer, et avec des gilets de sauvetage remplis d’ordures au lieu d’air, qui , en cas de besoin et à cause de leur manque de flottabilité, vont faire perdre une vie de plus, en augmentant le nombre de 5.000 personnes qui se sont déjà noyées dans la Méditerranée pendant 2016. Il reste notre inquiétude ou notre indifférence face à ce désastre humain qui semble un cul- de -sac. Nous avons dans nos mains la possibilité de changer ce monde.

Carlos LLANO FERNÁNDEZ

PDF: Île de Lesbos, refuge de l’espoir, fr

Jean-Pierre LANGLOIS (Québec), Journal d’avril 2017, Tamanrasset

1. Pour le moment, je me sens comme en plein été (30 degrés et plus), et le printemps n’est même pas terminé ! Les mois chauds sont encore à venir. Mais à chaque jour suffit sa peine. Je m’acclimate doucement, et sors de mon cocon un peu plus.

Le jardin devant la maison s’est agrandi cette semaine d’un minuscule jacaranda, à fleur bleue-violette. S’il prend bien malgré le sol assez pauvre du secteur, il fera de l’ombre au citronnier, au grenadier, à l’olivier et à l’oranger, sans parler des 2 cotonniers, des 5 plants de vigne et du laurier rose… Magnifique !

J’ai semé des graines de légumes en vain, mais mon ami et gardien Issa a réussi à faire pousser betteraves, carottes, tomates et oignons, 2 ou 3 courgettes. Si tout cela donne en temps voulu, ce sera bien sympathique ! Je vois pousser tout cela avec… étonnement ! Je suis vraiment un gars de la ville.

2. Dernièrement, je suis monté sur le toit du presbytère pour le nettoyer des épines de tamaris accumulées depuis les pluies de l’été dernier. Ce n’était pas un luxe.

Un visiteur français, Pierre, infirmier de son métier, est venu passer plusieurs semaines à Tam en fin de pèlerinage à Jérusalem. Il est devenu maître d’œuvre pour réparer le toit du presbytère car des joints de la toiture avec le voisin laissaient passer l’eau de pluie. Il ne pleut pas souvent, mais il pleut assez fort lorsque cela arrive. Or les murs sont en pisé, -argile paille et petite roches-. Cela se dégrade facilement sous les coulisses d’eau venant du toit… Avec le gardien du jardin, du nom d’Issa, un Camerounais, ils ont couvert à la longueur de l’édifice le mur mitoyen et colmaté quelques autres brèches. Un beau travail.

Mardi le 25 avril, Pierre et moi avons installé une douzaine de panneaux expliquant en français et en arabe le parcours de vie de Frère Charles au fortin (bordj) où il est mort en 1916. Cela devrait être plus agréable et attirant à regarder et à commenter lors de la visite des « touristes » à Tam. Doucement des « pèlerins » viennent de nouveau par ici, mais au compte-gouttes pour le moment.

3. Les quelques chrétiens reconnus – les migrants évitent souvent de se faire reconnaître comme chrétiens, leur statut précaire est déjà suffisamment lourd pour ne pas en ajouter une couche supplémentaire d’handicap – nous ne sommes pas mal vus par la population locale. Elle est indifférente peut-être, ne connaît pas le christianisme et ne peut pas avoir de points de repères.

Les gens ne savent pas ce que signifie Pâques pour nous, d’autant plus que le Coran enseigne que le Christ Jésus n’est pas mort sur la croix, mais a été emporté vivant au Paradis. Alors dimanche 16 avril, jour de Pâques, c’était pour la population le premier jour de travail de la semaine, sans plus. Pas de chocolat, pas de fleurs, pas de rencontres familiales, rien de particulier à signaler. Cela m’invite à retrouver avant tout le sens intérieur de la fête; et ce n’est pas plus mal pour moi, bien au contraire.

La communauté réunie à la veillée pascale

Par ailleurs, nous n’avons pas à nous défendre d’être chrétiens. Nous avons plutôt bonne réputation, individuellement. Les autorités craignent seulement que nous soyons des espions à la solde de nos pays respectifs. Et les amis algériens que le temps a pu permettre de rencontrer, ils nous ouvrent leurs pensées et leurs cœurs, partageant volontiers avec nous le repas ou des activités. Mais il s’agit là de quelques individus ou familles, très loin de la majorité des gens côtoyés seulement.

4. Il n’y a pas de clocher à la chapelle dont on se sert, et on ne sonne pas la cloche comme au Québec. Nous sommes une infime minorité, plus ou moins une cinquantaine de personnes chrétiennes pour au moins 120 000 habitants. Il est de mise de ne pas avoir d’indications publicitaires à l’extérieur, sur la rue.  Il n’y a donc qu’un moyen de venir participer aux célébrations ou de prendre contact avec nous : comme vous le devinez, le bouche-à-oreilles. Mais c’est très efficace, sinon toujours précis. Car il n’y a pas d’adresse civique, ni de nom de rue. On se rend chez les gens en demandant le nom du quartier, l’édifice remarquable du coin, et puis, on s’informe aux passants, aux personnes croisées sur la route. C’est aussi le cas pour la communauté chrétienne. Les migrants qui y viennent, une vingtaine environ, ne restent pas non plus toujours longtemps sur place. Ils laissent leur place à d’autres, puis à d’autres…

5. La liturgie étant particulièrement simplifiée en région éloignée, et les autres membres de l’équipe d’animation à Tam étant très ouverts, nous avons vécu des jours saints sans carcan mais dans le recueillement et une belle sinon grande participation ! Et la Semaine Sainte fut très significative par son dépouillement même. La célébration de ce Jeudi saint était par exemple des plus intimes, une quinzaine de personnes, mais cela me faisait tellement penser à ce qu’a pu être la première célébration au Cénacle…

Le soir du Jeudi saint avec des petits frères de Jésus venus de l’Assekrem

6. Je devrais passer une quinzaine de jours à la mi-mai à l’Assekrem, l’ermitage de Frère Charles, à 70 km de Tam, au désert. Une belle aventure !

« Que ce Jésus Ressuscité continue de nous faire vivre à plein notre pèlerinage vers le Royaume ! »
27 avril 2017                                       Pedro

PDF: Journal d’avril 2017

Honoré SAWADOGO (Burkina Faso): Recollection avec les Fraternités de L’Île de France, de Basse et de Haute Normandie

Chers confrères, c’est précisément depuis le 11 décembre 2015 que notre frère Yves de Malmann, m’a contacté, en votre nom à tous, pour m’inviter à venir vivre ce temps de recollection avec vous. Nos échanges ont été très fraternels et nous avons préparé petit-à-petit cette rencontre en tenant compte de vos souhaits et de vos recommandations. Je voudrais alors remercier très cordialement votre fraternité, le Père Yves, votre responsable, ses collaborateurs et chacun de vous pour m’avoir invité à me joindre à vous pour prier et célébrer le centenaire de la mort de Frère Charles. Cette rencontre-ci est ma deuxième rencontre avec des confrères de France. La toute première était en octobre-novembre 2009. J’avais eu la grande joie de prendre part au mois de Nazareth à Marsanne dans le diocèse de Valence. C’est là que j’ai connu notre Frère Jean-François Berjonneau que je suis très heureux de retrouver. J’étais encore aux études à Rome l’année passée et ne pensais pas que j’allais pouvoir finir et retourner chez moi. Mais la providence aidant, j’ai pu conclure mes études et suis rentré en septembre dernier. Malgré la distance entre le Burkina et la France, le Père Yves m’a encouragé à venir et je crois que cela en vaut la peine. Le Christ nous a-t-il pas recommandé d’annoncer sa Parole jusqu’aux extrémités du monde ? Les extrémités du monde peuvent être considérées de façon spatiale, temporelle et existentielle. De façon temporelle nous ne finirons jamais d’annoncer sa Parole, au plan spatial nous ne serions jamais parti trop loin pour l’annoncer et enfin de façon existentielle, il n’y a aucune réalité de la vie humaine et universelle qui ne soit en attente de la Bonne Nouvelle. Considérant tout cela, je suis venu, et je suis très content de pouvoir vivre ces instants de prière et de fraternité avec vous. Je vous remercie de tout cœur pour votre accueil, votre affection fraternelle et votre présence.

Présentation du thème

Le thème qui guidera le déroulement de ce partage que je voudrais faire avec vous est celui que l’équipe responsable nous a proposé dans sa lettre du 3 septembre : « Comment la spiritualité eucharistique de Frère Charles peut éclairer la nôtre aujourd’hui ? » Ce thème est le résultat de vos différents échanges. Le Père Yves m’en a fait l’écho à plusieurs reprises. Il m’avait en effet fait plusieurs suggestions que j’essayerai d’inclure au cours de cette causerie : « Charles de Foucauld et l’eucharistie », saisir « l’actualité de l’Adoration à partir de celle de Frère Charles »; « l’actualité de la dévotion eucharistique – et particulièrement l’Adoration – à la lumière de cet itinéraire spirituel : Le langage, les formes et les expressions du XIX° siècle ne sont plus les nôtres ; comment vivre, traduire et exprimer cela aujourd’hui ? ».

Document complet au prochain lien:

Honoré SAWADOGO (Burkina Faso) Recollection Fraternités Île de France, Basse et Haute Normandie

Honoré SAWADOGO (Burkina Faso): Le réception, encore nouvelle, de la figure de Frère Charles en Afrique noire

Le thème qui fera l’objet de ce partage est le suivant : « la réception, encore nouvelle, de la figure de Frère Charles en Afrique noire ». Il s’agit là aussi de la proposition de l’équipe de responsable. Voici les suggestion qui m’ont été faites en amont : « la découverte des Fraternités sur le continent africain », « Chez nous (en Europe, en France) nos fraternités sont très vieillissantes, et plutôt ignorées de nos jeunes confrères : Manifester que le charisme de Charles de Foucaud « séduit » aujourd’hui des prêtres dans des Églises jeunes, est aussi important » mais « les lettres et témoignages de l’équipe internationale, ou de ceux qui ont l’occasion de se rendre en Afrique, nous réchauffent le cœur, dans ce qu’ils nous disent de la façon dont, peu à peu, la spiritualité de Frère Charles, trouve un écho dans un certain nombre de pays, chez nos confrères africains ».

Je n’ai pas la prétention de pouvoir vous parler de ce thème tel qu’il est formulé. Non seulement l’Afrique Noire est très vaste et variée, mais il manque surtout de supports écrits sur lesquels il faut se baser. En plus, il me semble que l’objectif du thème n’est pas la collection d’informations sur les fraternités africaines, mais l’écoute du témoignage d’un confrère africain afin de pouvoir échanger avec lui en vue de la croissance de l’espérance de part et d’autre. C’est pourquoi, je voudrais surtout faire un partage sur ma propre rencontre de Charles de Foucauld et aussi dire quelques choses sur la réception de Charles de Foucauld dans mon diocèse, au Burkina Faso et dans nos pays voisins.

La réception de Charles de Foucauld en Afrique Noire : un modèle, Baba Simon

Le temps ne m’a pas permis de faire des recherches historiques sur la réception de Charles de Foucauld en Afrique Noire. Il y a toutefois le cas d’un prêtre très renommé du Cameroun, Baba Simon. Vous le connaissez certainement mieux que moi. J’ai rarement entendu parler de lui et c’est sur internet que j’ai pu voir quelques informations le concernant. Il fait partie des premiers africains noirs qui ont découvert l’héritage spirituel de Charles de Foucauld et l’ont vécu de façon profonde. Il est né en 1906 à Batombé, baptisé en 1918 et ordonné prêtre en 1935. Il a découvert Charles de Foucauld à travers la Petite Sœur Madeleine et René Voillaume, fondateurs respectifs des Petites sœurs et des Petits frères de Jésus dans la spiritualité de Charles de Foucauld. Il a trouvé dans la spiritualité de Charles de Foucauld « le chemin qu’il cherchait depuis longtemps ». Il est l’un des cofondateurs de la Fraternité Jésus Caritas au plan international, et en est le premier responsable en Afrique. En 1959, il part dans le nord du Cameroun pour s’installer à Tokombéré dans le diocèse de Maroua-Mokolo, parmi les Kirdis. Il partage leur vie de pauvreté, et lutte contre la misère. Son évangélisation est empreinte de prière et de charité. Respectant leurs traditions, et y voyant la marque de la présence de Dieu, « Baba Simon » devient le « chantre de la kirditude ». Épuisé, il meurt le 13 août 1975 à Édéa. Son procès de béatification est en cours.

La réception de Charles de Foucauld dans le diocèse de Ouahigouya

Le Petit Frère Emmanuel Kalmogo: C’est le premier prêtre diocésain de mon diocèse. Il est né en 1935, ordonné prêtre en 1960 et est décédé en 2011. Sa spiritualité foucauldienne était très discrète. Personnellement c’est seulement à l’occasion de la fondation du Monastère Jésus Sauveur de Honda que j’ai su qu’il s’inspirait de Charles de Foucauld. Sa vie sacerdotale était empreinte de simplicité et même d’austérité. Certains de ses confrères le désignaient comme un moine perdu dans l’apostolat. Il ressentait en effet un appel à la vie monastique qu’il a mis du temps avant de reconnaître et d’assumer. Malgré ses grandes capacités intellectuelles et rhétoriques, son immense connaissance de notre tradition locale, il a toujours voulu occuper la dernière place. Tout au long de son ministère sacerdotal, il menait une vie simple, passant souvent ses congés ou vacances au village en menant les activités quotidiennes des paysans. Il est resté austère jusqu’à ses derniers jours. J’ai eu l’occasion de travailler avec lui dans le cadre de la formation des aspirants du monastère de Honda dont il était le premier co-fondateur avec notre évêque d’alors Philippe Ouédraogo, maintenant archevêque de Ouagadougou et cardinal.

Le Monastère Jésus Sauveur de Honda

Le Monastère de Honda est la co-fondation de deux confrères de la Fraternité Sacerdotale Jesus Caritas: Philippe Ouédraogo et Emmanuel Kalmogo. Mgr Philippe a été ordonné évèque du diocèse de Ouahigouya en 1996. Il voulait deux communautés de contemplatifs féminins et masculins pour soutenir l’œuvre de l’évangélisation dans son diocèse à dominance musulmane (seulement 4% de chrétiens). Il chercha en vain des communautés de moines et de moniales et interpréta la situation comme une invitation à fonder. Avec le concours de son Prêtre Emmanuel Kalmogo, la fondation du Monastère de Honda commença le 15 août 2001. Le Monastère s’inspire de trois sources : La tradition bénédictine dans son expression cistercienne de la stricte observance, l’expérience spirituelle de Charles de Foucauld et la Culture africaine, celle des mossi en particulier. Les moines de Honda sont donc des cisterciens de la stricte observance qui veulent être des moines missionnaire à la suite de Charles de Foucauld tout en inculturant leur expérience monastique. Selon leur projet constitutionnel, ils veulent « vivre dans le silence, la prière, le travail manuel, l’étude continuelle des choses de Dieu ». « Par leur silence, leur prière, leur travail, leur effort de sanctification de leur personne, ils donnent tout et continuellement à Dieu » pour que « Jésus sauve ceux qui n’ont pas encore entendu l’évangile ou pas encore accueilli ». Ils sont moines missionnaires selon l’inspiration et le modèle de Charles de Foucauld. Présentement il y a quatre moines profès, un novice, un pré postulat et quelques candidats.

Avec le décès du premier fondateur et le transfert du deuxième co-fondateur, le monastère est quelque peu orphelin. Le niveau de scolarisation des candidats est très bas, ils sont déterminés mais la bonne volonté ne suffit. Ils ont besoin d’une présence sacerdotales, ou au mieux, la présence d’un « Père Abbé » pour les accompagner. Ayant participé à leur formation en 2003-2004 puis de 2007 à 2011, j’ai profité de mes études à Rome pour me cultiver davantage sur la spiritualité Monastique à Saint Anselme. J’ai été chargé cette année d’organiser leur formation mais je suis nommé au Petit Séminaire à plein temps. Je compte y passer les congés de Noël, de Pâques et une bonne partie des grandes vacances. Il y a aussi d’autres personnes qui y vont de temps à autre pour les aider. Si quelqu’un parmi vous est intéressé par une année sabbatique ou un service fidei donum au milieu d’eux, vous serez accueillis à bras ouvert. Jean-Michel Bortheirie, un frère d’une fraternité de Limoges a déjà fait un séjour d’environ un mois et sa présence les a beaucoup marqués. Il leur a donné une petite formation sur les vertus.

Les Fraternités sacerdotales et la famille foucauldienne au Burkina

Charles de Foucauld est assez bien connu au Burkina Faso à travers les Petites Sœurs de Jésus – qui ont deux fraternités dans les diocèses de Ouagadougou et de Kaya – les Fraternités laïques, les Fraternités sacerdotales et quelques vierges consacrées. À ma connaissance, il n’y pas encore de diocèse où il y a des Fraternités bien structurées et bien fonctionnelles. Il y a bien de nombreux prêtres diocésains qui s’inspirent de Charles de Foucauld, mais les rencontres ne sont pas régulières, elles sont plutôt sporadiques. Il y a aussi des rencontres au niveau national et notre responsable national est l’abbé Jean Zougouri. Toujours au niveau national, les fraternités laïques sont plus dynamiques. Grâce à elles et avec la collaboration des Petites Sœurs et des membres de la Fraternité Sacerdotale nationale, la famille foucauldienne vit chaque année des activités communes : une année sur deux, il y a une formation sur la spiritualité de Charles de Foucauld qui dure trois à quatre jours ou une retraite d’une semaine. Pour les retraites, le Burkina accueille également des membres des Fraternités sacerdotales ou laïques du Niger, du Benin et du Togo. La dernière retraite, il y a deux ans, comptait au tour de 150 participants dont de nombreux fidèles laïcs, des prêtres, des religieux et des religieuses. La famille foucauldienne au niveau national a un projet d’une construction d’un centre spirituel sous forme d’ermitage. Elle a pu acquérir un terrain de quelques hectares où ils arbres ont déjà été plantés. Pour la célébration du centenaire de la mort de Charles de Foucauld, la Famille foucauldienne a organisé une célébration nationale à Ouagadougou.

Wend Benedo, un projet social de la Fraternité Sacerdotale du Burkina

La Fraternité Sacerdotale nationale a pu mettre sur pieds un projet à caractère social. Il s’agit d’une structure d’accompagnement des personnes vivant avec le Sida. L’accompagnement est comporte une dimension médicale et sociale. Le projet accompagne les malades du Sida pour leur faciliter l’accès aux traitements médicaux adéquats. Il constitue aussi un lieu d’écoute de ses personnes très stigmatisées. Il y a aussi les personnes touchées par la maladie ou le décès de leurs proches. Aurelio Sanz Baeza, le responsable international de la Fraternité Jesus Caritas, depuis la Fondation Tienda Asilo de San Pedro de Carthagène, Espagne, est un partenaire et un accompagnateur de ce projet confié à la gestion d’une Vierge consacrée.

Nos mois de Nazareth :

Le Burkina Faso a déjà organisé un mois de Nazareth en 2007 qui a vu la participation de confrères venus de la sous région et même du Madagascar. Les autres composantes de la Famille foucauldienne au Burkina Faso ont activement participé à certaines activités du mois. J’ai personnellement voulu participer à ce mois mais Mgr Philippe dont j’étais le secrétaire y participait déjà et je devais rester pour garder la maison. Il y a aussi eu un mois de Nazareth au Maroc en novembre 2008 en anglais mais là aussi, nous étions en pleine préparation du jubilé d’or de notre diocèse. Le tout dernier mois de Nazareth a été organisé au Cameroun en 2014 ou 2015. Il semble qu’un autre mois de Nazareth sera organisé prochainement au Burkina Faso. L’organisation des mois de Nazareth témoigne de l’existence et de la dynamique des jeunes fraternités d’Afrique. Elles sont souvent confrontées aux grandes distances et au manque des moyens pour se rencontre de façon régulière.

Charles de Foucauld peu connu en Afrique Anglophone ?

Je n’ai pas connaissance de l’existence de nombreuses Fraternités Jesus Caritas dans les pays anglophones de l’Afrique (il semble qu’il y en a au Kenya). Il faudrait que je m’informe davantage. Il semble cependant que Charles de Foucauld est très peu connu dans le milieu anglophone africain. C’est un défi pour les fraternités Africaines.

Ma rencontre avec Charles de Foucauld et mon expérience de Fraternité

Mes premiers contacts avec Charles de Foucauld datent de 2000 à travers un livret, 30 jours avec Charles de Foucauld. C’était un livre qui proposait un cheminement d’un mois de prière au rythme de l’itinéraire et de l’enseignement spirituel du Frère Charles. son expérience spirituelle m’a paru très authentique, très simple et très essentielle. Elle m’a beaucoup attiré mais aussi effrayé. Les liens avec Charles de Foucauld se sont ensuite consolidés durant mon année de stage pastoral en 2003-2004. La fondation du Monastère Jésus Sauveur de Honda, d’inspiration foucauldienne (moines missionnaires par la vie de Nazareth: Évangile, Eucharistie, enfouissement, charité), était à ses  débuts. J’avais été sollicité pour aider à la formation des candidats dont le niveau de scolarisation était moyen. Cela m’a permis de connaître davantage Charles de Foucauld et sa spiritualité. Après mon ordination sacerdotale, j’ai continué à assurer la formation au Monastère durant une ou deux semaines par an. Au niveau du diocèse de Ouahigouya, les prêtres de la fraternité Iesus Caritas n’étaient pas assez nombreux pour former une fraternité. Il y avait des sympathisants mais pas de fermes engagements. Pendant 5 ans j’ai cheminé avec une fraternité laïque qui était plus régulière dans ses rencontres: une rencontre par mois avec une heure d’adoration, la messe et un peu de partage. Nous avions aussi quelques récollections et des sorties spirituelles ensemble.

Un des points culminants de ma connaissance de l’héritage spirituelle de Charles de Foucauld fut le mois de Nazareth à Marsanne (diocèse de valence si je ne ma trompe) en octobre-novembre 2009. Les 5 ans d’étude à Rome ont aussi été une précieuse occasion d’approfondissement de la spiritualité foucauldienne. J’ai aussi eu l’occasion de participé à une vie de Fraternité sacerdotale de façon régulière. Nous nous rencontrions une fois par mois à Tre Fontane chez les Petites sœurs pour une heure d’adoration, la prière des vêpres, un partage fraternel et un repas du soir.

Conclusion : Remarques conclusives

La spiritualité de Charles de Foucauld est made in Africa for Africa : On peut nourrir l’espérance que la spiritualité foucauldienne connaîtra un plus grand essor en Afrique. En effet, Charles de Foucauld est arrivé en Afrique avec une véritable maturité spirituelle mais sa spiritualité a pris une belle couleur africaine. La confrontation et l’adaptation permanente de son expérience spirituelle, pastorale et missionnaire aux réalités de l’Afrique saharienne lui ont forgé une spécificité qui séduit et attire. En outre, les conditions pastorales vécues par Charles de Foucauld, notamment la dominance de l’Islam et la progressive radicalisation de nombreux musulmans, sont toujours d’actualité. L’Afrique sub-saharienne, présentement frappée par le fléau de l’Islam radical en croissance, a besoin d’une spiritualité ouverte, tolérante, persévérante, disposée et adaptée au dialogue avec l’Islam comme celle de Charles de Foucauld.

Une expérience spirituelle universelle et essentielle : L’expérience spirituelle de Charles de Foucauld a un caractère universel ou polyvalent. Son expérience spirituelle est comme une grande source faite de plusieurs ruisseaux. Charles de Foucauld s’est modelé au rythme de diverses spiritualités à telle enseigne que l’on peut facilement se trouver à l’aise avec lui même appartenant déjà à une spiritualité spécifique. On trouve chez lui une spiritualité monastique et érémitique, une spiritualité franciscaine, une spiritualité ignacienne (discernement, élection, volonté de Dieu), une spiritualité carmélitaine, une spiritualité missionnaire et pastorale, une spiritualité de laïc engagé, etc. Il est comme un chargeur universel qui peut charger n’importe quelle batterie. Cela n’explique-t-il pas la diversité d’expériences spirituelles que suscitent sa personne, son itinéraire spirituel et son charisme ? Sa spiritualité est aussi essentielle, fondée sur l’amour de Dieu et du prochain. Elle se passe de rites d’initiation et de dévotions complexes. Elle va droit au but par des chemins clairs et simples.

La fécondité des fraternités vieillissantes de l’Europe : Les fraternités de l’Europe semblent vieillir et se renouveler difficilement par l’adhésion de nouveaux membres. Tout en reconnaissant la nécessité du renouvellement, je voudrais admirer le prestige du vieillissement. Pour mes yeux de jeune africain, la vieillesse est signe de persévérance, de fidélité, de grâces et de bénédictions ! Voir les vieilles fraternités et les « vieux frères » m’encourage et me stimule à persévérer à la suite de ceux qui n’ont pas cédé au découragement et aux difficultés inhérentes à tout cheminement spirituel. En outre, les fraternités d’Europe ont le droit et le devoir de voir les nouvelles fraternités africaines comme les fruits de leur fécondité spirituelle et missionnaire. En effet, plusieurs fraternités africaines ont vu le jour grâce à l’aide de prêtres en fraternité allés en Afrique comme fidei donum. D’autres, sans même quitter leur pays, ont su partager leur expérience et inspirer des prêtres africains qu’ils ont pu rencontrer ou accueillir dans leurs paroisses.

Honoré SAWADOGO, fraternité de Burkina Faso

PDF: Honoré SAWADOGO (Burkina FASO) La réception, encore nouvelle, de la figure de Frère Charles en Afrique noire